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Si vous êtes patient un jour, vous échapperez à cent jours de chagrin.
Proverbe chinois
Nous savons tous ce qu'est la colère et nous l'avons tous déjà ressentie, que ce soit sous forme de léger agacement ou de rage fulminante. Bien qu'elle soit perçue comme une émotion négative et laide et que, dans notre culture, on nous ait souvent appris à la réprimer, la colère est une émotion humaine tout à fait naturelle, habituellement saine. Elle peut nous être bien utile car elle nous motive et nous donne de l'énergie pour surmonter les obstacles, résoudre des problèmes et atteindre des buts. Cependant, lorsque la colère devient hors de contrôle et destructive, elle peut entraîner des problèmes à l'école, au travail, dans nos relations interpersonnelles et nuire à notre qualité de vie. La maîtrise de nos émotions négatives est la clé du bien-être affectif. On ne peut pas éviter les sentiments pénibles car ils font partie de la vie, mais pour se sentir bien, il importe de contenir ces orages qui occupent toute la place dans notre esprit. Mais attention : facile à dire mais difficile à faire ! De toutes les émotions, la colère est la plus rebelle et la plus difficile à maîtriser. Nous vous présentons, dans ce texte, ce qui caractérise la colère et suggérons quelques moyens qui vous aideront à mieux la circonscrire et la contrôler.
Pourquoi nous mettons-nous en colère ?
La colère nous envoie le signal qu'un obstacle s'oppose à notre satisfaction et que nos désirs et nos besoins ne sont pas comblés. La frustration apparaît lorsque quelque chose ou quelqu'un nous empêche de faire ce que nous voulons faire ou nous empêche d'aller là où nous désirons aller. Nous ressentons alors de l'impuissance et nous avons l'impression de perdre le contrôle de la situation. Pour illustrer ceci, pensons à l'étudiant ou l'étudiante qui a un exposé oral à faire le lendemain, qui désire se coucher tôt afin d'être en forme mais dont le ou la colocataire a invité amis et amies pour fêter à l'appartement. Nous pouvons très bien l'imaginer sortir de sa chambre et enguirlander les gens présents.
Nous cherchons tous à atteindre certains objectifs, certains standards. Toutefois, si des événements ou des personnes, incluant vous-même, vous empêchent de les atteindre, vous pouvez être déçu ou déçue. Cette déception peut alors se transformer en colère. L'athlète qui s'entraîne depuis des années et qui, lors d'une compétition, fait une contre-performance peut être furieux ou furieuse et réagir agressivement.
Si notre sécurité est menacée, nous nous sentons vulnérables et nous risquons également de nous mettre en colère. Un étudiant ou une étudiante qui obtient un mauvais résultat à un examen peut craindre l'exclusion et peut rager contre le professeur ou la professeure qui a eu l'audace de lui présenter un tel examen.
Parfois, c'est notre environnement immédiat qui nous met en colère ou nous occasionne de la frustration. Les devoirs et les responsabilités peuvent peser lourd sur vos épaules et vous pouvez alors vous fâcher contre le fardeau qui vous incombe et contre toutes les personnes et toutes les choses qui constituent ce fardeau. Aussi, certains états comme la tension et le stress peuvent contribuer à l'émergence d'une telle émotion.
Le style de communication adopté peut également influencer l'apparition de la colère. Si quelqu'un adopte un ton hostile et s'il fait preuve d'un manque d'écoute, il y a fort à parier que la personne ressentira de la colère à son tour.
La colère peut donc être causée par des évènements internes comme externes. Les gens, les situations, les inquiétudes, les ruminations au sujet de difficultés personnelles, des souvenirs d'évènements traumatisants ou exaspérants peuvent faire naître la colère.
Vous avez sûrement déjà constaté qu'il y a des gens plus enclins que d'autres à la colère. Les gens qui n'ont pas appris à s'exprimer avec des mots ou qui ont appris à tout garder en dedans sont plus vulnérables à l'explosion de la colère. Les personnes colériques ont un faible seuil de tolérance à la frustration et sont portées à entretenir des attentes élevées envers elles-mêmes, les autres et la vie en général.
Qu'est-ce qui rend les gens ainsi ? Une des causes pourrait être d'ordre génétique. Il y a des faits et des évidences qui démontrent que, dès la naissance, des enfants deviennent facilement irritables, susceptibles et exaspérés. Une autre cause pourrait être d'ordre culturel. La colère est souvent perçue et regardée négativement. Nous enseignons qu'il est correct d'exprimer de la tristesse, de l'anxiété et bien d'autres émotions, mais pas la colère. Nous sommes donc nombreux et nombreuses à ne pas avoir appris à la gérer et à la canaliser de manière constructive.
Les mécanismes de la colère
Comme toute émotion, la colère est accompagnée de changements physiologiques et biologiques : le rythme cardiaque et la pression sanguine augmentent, tout comme le taux d'adrénaline qui envoie alors à notre cerveau le message qu'il y a menace et que nous devons réagir. Bien qu'il puisse s'agir d'une menace physique, le plus souvent c'est lorsque notre amour-propre ou notre dignité est menacée que nous réagissons avec colère. Le fait d'être traité injustement, d'être bafoué, ridiculisé ou humilié entraîne souvent de l'agressivité. S'ensuivent des ruminations qui, à leur tour, attisent notre colère. La colère se nourrit de la colère. On observe alors un processus d'escalade où une pensée en entraîne une autre, qui nous met davantage en furie et qui peut dégénérer rapidement en violence. Cette violence peut être refoulée et retournée contre soi ou elle peut exploser et être tournée contre les autres. Dans un cas comme dans l'autre, ces deux extrêmes peuvent entraîner des conséquences très fâcheuses.
Ce phénomène d'escalade explique, entre autres, pourquoi un événement bénin peut provoquer chez une personne, déjà énervée et irritée, une réaction violente et disproportionnée.