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                    Pourquoi pardonner?

Les émotions que vous vivez ont un effet sur votre santé. Vivre fâché demande beaucoup d'énergie et entretient un stress constant. Et les conséquences du stress sur l'organisme sont nombreuses. Par exemple, le stress peut causer de la fatigue, des maux de tête, des troubles du sommeil, de l'anxiété, et même mener à la dépression. Le stress affecte parfois le système digestif. Il provoque alors des crampes et de la diarrhée et il est souvent relié à l'ulcère gastro-duodénal et au syndrome du côlon irritable. Le stress peut aussi perturber le fonctionnement de la glande thyroïde, diminuer la résistance du système immunitaire et provoquer des réactions allergiques. Ses effets sur l'hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires sont connus depuis longtemps. Sans compter la souffrance de vivre dans le ressentiment. Beaucoup de raisons en faveur du pardon.

Un cadeau pour soi-même  

                    Pardonner? Jamais!
Si vous êtes de ceux qui croient que pardonner équivaut à oublier, à nier les faits ou à excuser la personne, peut-être est-il légitime pour vous de croire que vous ne pourrez jamais pardonner. Dans son livre Comment pardonner?, publié en 1992 aux éditions Novalis, Jean Monbourquette démasque ces fausses idées du pardon. Voici les plus communes :

Pardonner, c'est oublier : À moins d'avoir une très mauvaise mémoire, il est difficile en effet d'oublier, et si oublier signifie pardonner, nombreux sont ceux qui devraient vivre éternellement avec leurs ressentiments. Selon Jean Monbourquette, la mémoire est essentielle au processus du pardon. Ce n'est pas parce que l'on a oublié que l'on a pardonné, c'est au contraire le pardon qui aide la mémoire à guérir peu à peu. Lorsque les souvenirs n'infligent plus de douleur, la mémoire peut alors s'investir dans autre chose.

Pardonner, c'est se retrouver comme avant l'offense : Selon Jean Monbourquette, il est impossible de retourner en arrière après avoir subi un tort. Si on essaie de se faire croire que rien ne s'est passé, on rétablit la relation dans le mensonge. Il est préférable de profiter du conflit pour réviser la qualité de la relation et la relancer sur des bases plus solides.

Pardonner est un acte de volonté : Bien sûr, si vous avez la volonté de pardonner, les choses seront peut-être plus faciles. Mais le pardon, plus qu'un acte de volonté, est un acte d'apprentissage. Selon les blessures et les personnes impliquées, ce processus est plus ou moins long, mais plus important encore, toutes les facultés y participent, que ce soit la sensibilité, le cœur, l'intelligence, etc.


Les étapes du pardon
Selon les auteurs, les étapes du pardon sont plus ou moins nombreuses. Jean Monbourquette en détermine douze, que chacun peut utiliser à sa guise. On passera rapidement sur certaines ou on s'attardera sur d'autres, selon son propre jugement. Mais chacune de ces étapes apporte un élément essentiel pour accéder au véritable pardon, et avec lui, la liberté de passer à autre chose.

1. Décider de ne pas se venger et faire cesser les gestes offensants.
2. Reconnaître sa blessure et sa pauvreté intérieure.
3. Partager sa blessure avec quelqu'un.
4. Bien reconnaître sa perte pour en faire le deuil.
5. Accepter sa colère et son envie de vengeance.
6. Se pardonner soi-même.
7. Commencer à comprendre son offenseur.
8. Trouver le sens de sa blessure dans sa vie.
9. Se savoir digne de pardon et déjà gracié.
10. Cesser de s'acharner à vouloir pardonner.
11. S'ouvrir à la grâce de pardonner.
12. Décider de mettre fin à la relation ou la renouveler.

Ces quelques pistes de réflexion ne sont certes pas les ingrédients d'une recette infaillible. Le processus du pardon demande un retour sur soi et la démarche peut être plus ou moins longue. Que l'on retienne cependant que le premier pas est la décision de ne pas se venger. À partir de là, on s'ouvre à la volonté de guérir de ses blessures. Et on se redonne la capacité de communiquer ouvertement et librement.