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Faire un premier pas, quel qu'il soit, peut vous permettre d'avancer, l'essentiel étant de ne pas demeurer dans votre impasse. En ce sens, rappelez-vous qu' « une porte de sortie est toujours une porte d'entrée ailleurs » (Dan Bigras).
Moments de bonheur ou état d'esprit ?
Définir le bonheur n'est pas simple. S'agit-il d'une accumulation de « petits bonheurs » au quotidien ou d'un état d'esprit durable ? Philosophes, artistes, poètes, psychologues et bien d'autres se sont penchés sur la question. Les définitions varient mais une constante demeure : il s'agit d'un état d'esprit qui perdure malgré les échecs et les obstacles de la vie. Le Nouveau Petit Robert le définit comme « un état de la conscience pleinement satisfaite ». Les « moments de bonheur » font référence au plaisir et à la joie, deux émotions éphémères, tandis que le bonheur se veut durable et représente, pour la plupart d'entre nous, le but de l'existence humaine.
Des besoins à combler
La tentation est forte de vouloir trouver LA recette pour être heureux ou heureuse. Peu importe les cultures et les époques, certains ingrédients s'avèrent tout de même importants pour accéder au bonheur : la satisfaction des besoins fondamentaux et relationnels, ainsi que l'accomplissement de soi en sont les principaux.
La satisfaction des besoins fondamentaux (se nourrir, se vêtir, se loger et se sentir en sécurité) représente les éléments essentiels pour atteindre un état de bien-être. L'être humain a également besoin des autres pour vivre ou survivre en société. Le besoin relationnel répond alors au besoin d'aimer et d'être aimé ou aimée. À travers les relations amicales et amoureuses, l'individu apprend à mieux se connaître et à comprendre ceux qui l'entourent. Le besoin d'accomplissement de soi se traduit par un désir de comprendre, de connaître et de se réaliser. Les études universitaires tendent à répondre à ce besoin. Cependant, le travail ou la création constituent d'autres formes de réalisation.
Comment expliquer que certaines personnes se sentent malheureuses même si elles ont réussi à combler tous ces besoins. « J'ai tout pour être heureux, heureuse et pourtant...». Alors que d'autres vivent dans un milieu défavorisé et réussissent à garder le sourire. La réponse se trouve peut-être bien au-delà de besoins à assouvir...
L'INDÉCISION
Des attitudes à adopter
Les gens heureux se distinguent davantage par leurs attitudes que par une accumulation de biens ou de plaisirs. En fait, ceux-ci mettent plutôt l'emphase sur l'être que sur le savoir. C'est du moins ce qui est démontré par Robert Blondin (1983). Ce dernier a mené une vaste enquête à travers le monde (Europe, Asie et Amérique), auprès de 2 000 personnes se disant heureuses. Voyons certaines attitudes qui ressortent de son enquête et essayons de les rattacher à la réalité étudiante.
1. Être disponible au changement
Les gens heureux possèdent cette aptitude à tout remettre en question, autant eux-mêmes que la société. Les changements sont perçus comme des défis ou une occasion de croissance personnelle et non pas comme une menace au bonheur. L'adaptation aux études universitaires renferme plusieurs éléments de changement (réseau social, méthodes de travail, relations amoureuses, etc.). Les étudiants et étudiantes qui acceptent les incertitudes inhérentes à cette première session universitaire traversent plus facilement cette période de transition.
2. Profiter du moment présent
Les gens heureux prennent le temps de vivre le moment présent sans être constamment envahis par des inquiétudes passées ou futures. Ceci ne les empêche pas pour autant de faire des projets ou de réfléchir à leurs problèmes. Par exemple, l'étudiante ou l'étudiant qui conserve le plaisir d'apprendre sans être constamment préoccupé de ses résultats scolaires arrive à profiter pleinement de ses études.
3. Bien se connaître
Il est question ici de définir son identité. Les gens heureux sont conscients de leurs forces et de leurs faiblesses. Ils sont cohérents avec ce qu'ils sont, ce qu'ils croient et ce qu'ils font. De plus, ils acceptent dans la mesure du possible que les autres n'adhèrent pas aux mêmes valeurs ou priorités de vie. Les études universitaires représentent justement une bonne occasion de se définir et d'affronter ses limites tant par les différents problèmes scolaires à résoudre que par les travaux en équipe.
4. Passer à l'action
C'est en prenant des risques que les chances d'être heureux ou heureuse augmentent. Selon Blondin, « c'est parmi les gens qui réussissent qu'on retrouve le plus haut taux d'échecs ! ». L'action permet une meilleure connaissance de soi et de son environnement. Pensons à l'étudiant ou à l'étudiante qui, après mûre réflexion sur son choix de carrière, s'inscrit dans un programme malgré le risque de se tromper.
5. Être capable de s'abandonner
Pour contrer l'incertitude de la vie, la tentation est grande de vouloir tout contrôler, de prévoir l'imprévisible. Jusqu'à un certain point, les gens heureux choisissent plutôt de « lâcher prise » face aux événements incontrôlables. Ils préfèrent faire confiance à la vie et composer avec les imprévus. Un participant à l'enquête de Blondin précise dans son témoignage : « Je me suis rendu compte que les choses essentielles qui m'arrivaient dans la vie c'étaient celles que je n'avais pas planifiées ». Les relations amoureuses en sont un bon exemple. Les gens trouvent souvent l'amour au moment où ils cessent de le chercher.
Conclusion
La satisfaction des besoins de base représente la condition indispensable mais non suffisante pour être heureux ou heureuse. Bien entendu, d'autres facteurs comme les traits de personnalité, les valeurs d'une société et même les expériences de vie peuvent influencer votre vision du bonheur. Peu importe de quoi est constitué votre bonheur actuellement (voir l'encadré : Quel est votre profil de bonheur ?), l'essentiel, du moins, est de réfléchir à la question. S'interroger sur le bonheur mène inévitablement à poser un regard sur sa propre existence, à dresser un bilan de sa vie et à en tirer des conclusions.
Quel est votre profil de bonheur ?
Le psychiatre Christophe André (2003) fait ressortir quatre domaines qui représentent des sources de bonheur. Essayez de déterminer quel type de bonheur se rapproche le plus du vôtre : le bonheur d'action, de satisfaction, de maîtrise ou de sérénité. Chaque type comporte ses avantages et ses inconvénients. Il n'en revient qu'à vous d'y apporter les ajustements nécessaires. Bien entendu, votre profil peut se modifier avec le temps, selon les étapes de vie que vous traversez.
Bonheur dans l'action
Toujours en mouvement, vous êtes impliquée ou impliqué dans diverses activités : associations étudiantes, loisirs, sorties entre amis, etc. Ouf ! Votre devise est : « Agir et partager ». C'est dans le mouvement que vous vous sentez en vie, mais aussi par les liens que vous tissez autour de vous. L'avantage de vivre son bonheur dans l'action est qu'il s'observe et se communique facilement à l'entourage. Par contre, un bonheur axé uniquement sur cet aspect peut conduire à une certaine superficialité ne misant que sur les plaisirs ou les stimulations extérieures, et à une dépendance envers autrui pour se sentir heureux ou heureuse.
Bonheur de satisfaction
Vous vous fixez des objectifs et cherchez à les atteindre. Ces objectifs ne sont pas que matériels (ex. : avoir une maison, une voiture) mais aussi personnels (ex. : améliorer ses résultats scolaires, aider un ami ou une amie). Vous ressentez une grande satisfaction intérieure lorsque ces buts sont atteints. Par contre, quand il y a obstacle à l'atteinte des objectifs fixés (ex. : exclusion ou refus dans un programme d'études), votre bonheur s'en trouve menacé.
Bonheur de maîtrise
Comprendre, parfaire vos connaissances, vous réaliser sont vos principales sources de satisfaction. Votre domaine d'études ou de travail occupe une part très importante dans votre vie. Vous visez avant tout à vous dépasser, voire à atteindre l'excellence. Cependant, l'effet pervers de ce type de bonheur, quand il prend toute la place, est qu'il peut vous rendre vulnérable à l'épuisement ou vous pousser à négliger d'autres aspects de votre vie (ex. : vie affective ).
Bonheur de sérénité
Vous aimez regarder un coucher de soleil, écouter de la musique, observer le vol des oiseaux, etc. Ces plaisirs représentent des sources de bonheur de sérénité. En fait, ce type de bonheur privilégie la contemplation et la prise de conscience du moment présent. Il permet une paix intérieure et une tolérance face aux évènements incontrôlables. Par ailleurs, trop développer ce type de bonheur peut induire une certaine passivité ou un fatalisme face aux obstacles de la vie.
L'importance d'assumer son autonomie malgré la résistance de ses parents.
Si vous avez l'impression de commettre un crime envers vos parents en devenant indépendant, indépendante ou en vous éloignant d'eux, ce qui suit s'adresse à vous.
Dans chaque famille il y a parfois des conflits, des petites luttes de pouvoir ou des tensions. Ce sont des signes que les liens entre parents et enfants sont forts, riches et significatifs. D'une famille à l'autre, le type de lien et le mode relationnel est différent : chez certaines, les parents occupent une place très active dans la vie de leurs enfants en exerçant plus d'autorité et de contrôle, chez d'autres, les parents laissent davantage leurs enfants vivre leurs propres expériences et venir à eux quand ils en ont besoin. Le ou la jeune, en devenant adulte, change et tend à vouloir plus d'autonomie, tout en cherchant à protéger davantage son intimité, ce qui fait partie d'un processus normal de développement. Habituellement, les parents collaborent et comprennent ces changements, mais certains refusent de reconnaître le besoin d'autonomie grandissant de leur enfant. Ceci peut freiner l'émancipation du ou de la jeune adulte ou provoquer des conflits familiaux.
L'attitude de parents indiscrets ou surprotecteurs peut paraître paradoxale et contradictoire : après avoir investi généreusement temps et argent dans l'éducation de leur enfant afin qu'il ou elle soit en mesure de réussir sa vie, ils semblent vouloir lui couper les ailes quand il ou elle veut assumer son autonomie à l'âge adulte. Dans cette situation, le ou la jeune doit combattre pour s'émanciper du nid familial où on le retient. Les médias ont beaucoup parlé du « phénomène Tanguy » pour désigner ces enfants devenus grands qui collent à la maison de leurs parents. L'inverse existe aussi et il arrive que des parents collent dans la vie de leurs enfants.
La différence significative entre un lien familial sain et un lien malsain, c'est le degré de liberté qu'ont les membres d'une famille de s'exprimer comme individus. Une famille saine encourage la responsabilité personnelle, l'indépendance et l'individualité, tout en maintenant un lien solide. Elle aide l'enfant à cultiver et à assumer ses capacités et le respect de soi. Par contre, dans une famille malsaine et fusionnelle, les enfants doivent se conformer aux pensées, besoins et actions des parents, souvent sous peine de menaces financières, affectives ou émotives
Des exemples
La plupart des enfants subissent l'une ou l'autre de ces situations avec leurs parents. Mais selon leur fréquence et leur intensité, elles peuvent indiquer une situation malsaine et suggérer la nécessité d'apporter des ajustements. Il n'est pas toujours aisé de départager la limite entre ce qui appartient au territoire d'un ou d'une jeune et ce qui concerne ses parents. Des parents qui posent des questions à leur jeune et s'intéressent à sa vie expriment un amour dégagé. Mais quand ils cherchent à meubler leur vie par celle de leur enfant en voulant toujours tout savoir, cela lui impose une inconfortable pression qu'il ou elle n'a pas à subir. Voici quelques exemples :
Une mère qui choisit les vêtements de sa fille et critique systématiquement ceux qu'elle a choisis sans sa participation.
Un père qui impose ses critères pour le choix d'un appartement ou pour sa décoration (sous prétexte qu'il paie le loyer).
Une mère qui fouine dans les affaires personnelles de son fils sous prétexte qu'elle doit y faire le ménage.
Des parents qui exigent que leur enfant, qui ne vit pas avec eux, les appelle régulièrement et le ou la font sentir coupable après trois jours de silence.
Des parents qui ouvrent le courrier de leur enfant sans sa permission.
Des parents qui s'insèrent excessivement dans les finances de leur fille et gèrent son budget.
Une mère ou un père qui dénigre systématiquement les choix amoureux de leur enfant.
Un des parents qui demande à son fils ou à sa fille de s'occuper des besoins émotionnels ou affectifs de l'autre parent.
Des parents qui imposent leurs idées dans le choix d'un programme d'étude ou d'une université et qui exercent des pressions financières ou émotives pour y soumettre leur fils ou leur fille.
Des parents qui trouvent des prétextes pour que leur enfant renonce à des projets (voyage, travail à l'extérieur) ou à des personnes (en amitié, en amour) qui pourraient l'éloigner d'eux, même si ces projets ou personnes semblent sains et adaptés à son âge.
Des parents qui profitent de leur apport financier au budget de leur enfant devenu ou devenue adulte pour s'immiscer dans ses affaires personnelles malgré sa résistance.
Des parents qui se plaignent de vivre trop de tristesse ou de vide si leur enfant n'est pas suffisamment en contact avec eux, et ce, malgré des contacts réguliers.
Un ou une jeune adulte qui a le sentiment d'abandonner ses parents lorsqu'il ou elle les quitte temporairement.
Conséquences à court et à long terme
Une telle dynamique relationnelle, installée depuis longtemps, peut avoir des effets négatifs sur votre bien-être psychologique et même avoir un impact sur votre santé physique. Une tension constante dans les rapports avec ses parents est souvent cachée et ce malaise peut entraîner de l'anxiété ou un état dépressif et des émotions comme la colère ou la tristesse. Un enfant qui doit mentir à propos de ses actions ou de ses sentiments pour éviter de déplaire à ses parents développe souvent un grand sentiment de culpabilité. Surtout s'il lui semble interdit de se garder un jardin secret. Cela peut aussi contribuer à forger des traits de personnalité qui bloquent le développement, tels le manque de confiance en soi, la difficulté à s'affirmer, la tendance à s'occuper des besoins des autres et la difficulté à identifier les siens ou une impression chronique de faiblesse et d'incompétence. Ces traits peuvent caractériser, entre autres, vos choix amoureux ou vos choix de carrière.
Lorsque ces symptômes sont d'une intensité ou d'une fréquence telle qu'ils nuisent à votre réussite personnelle, la consultation professionnelle peut être envisagée.
Comment expliquer ce type de relation ?
Pour comprendre comment ce type de relation peut s'établir entre parents et enfants, il existe plusieurs hypothèses. Certaines concernent les parents, d'autres les enfants, sans oublier les raisons inhérentes au contexte social actuel.
Le défi de la vingtaine : de l'identité à l'intimité
Dans le cadre de son développement personnel, après avoir intégré son identité durant son adolescence, le jeune adulte fait face au défi de vivre une intimité dans une relation amoureuse. Pour que cette relation soit intime, une exclusivité est nécessaire et implique un certain éloignement des autres personnes de son entourage, dont ses parents. Une crise (période de conflits intérieurs durant laquelle la personne examine ses propres valeurs et prend des décisions au sujet des rôles à adopter dans sa vie) est parfois nécessaire
pour mieux définir son identité et adapter ses lins familiaux en conséquence. Le résultat de ces changements est l'expérience de l'intimité.
Les baby-boomers devenus parents : confusion entre les rôles de parents et d'amis
Cette confusion est un phénomène remarqué par des sociologues (Ricard, 1992 ; Grand'Maison, 1992) concernant la génération des baby-boomers devenus parents. Beaucoup de parents de jeunes dans la vingtaine entretiennent des relations plutôt amicales avec leurs enfants. Dans une saine conquête de l'autonomie, un lien surtout axé sur l'amitié ou la réciprocité avec les parents crée un noeud. Quitter le giron familial quand un mur autoritaire parental est établi est plus facile que s'il n'y a aucun mur à traverser et que la relation avec les parents-amis ne semble pas avoir de limite ou de cadre défini. Aussi, les liens qui sont plus profonds et étendus entre les parents et leurs enfants sont plus difficiles à transformer. Pour une jeune de 20 ans par exemple, dire à sa mère, qui est aussi sa meilleure amie, qu'elle veut prendre ses distances et faire des choix seule est difficile car elle aura le sentiment, souvent fondé, de la blesser, voire de la trahir.
Parents dominateurs
Sous le masque du souci ou de la protection, certains parents se permettent d'exercer un grand contrôle sur la vie de leurs enfants. Derrière le « c'est pour ton bien » se cache parfois la menace que si l'enfant ne fait pas ce qui lui est recommandé, le parent souffrira ou le rejettera. Il est difficile, même dans la vingtaine, de passer outre la peur de déplaire à des parents dominateurs qui ne veulent pas perdre leur « bâton de vieillesse ».
Syndrome du nid vide
Les parents qui voient partir ou s'éloigner leur enfant, surtout si c'est le ou la plus jeune, doivent faire face immédiatement à une nouvelle étape de leur propre vie. Si une grande part de leur identité est liée à leur rôle parental, ils se sentent abandonnés ou inutiles lorsque leur enfant devient indépendant ou indépendante (Forward, 1991). Après avoir consacré les vingt dernières années principalement à leurs enfants, ils doivent réapprendre à penser à eux. Bien que cela soit normal et dans l'ordre des choses, ce passage est une crise pour eux qui se voient vieillir et doivent s'adapter à de nouveaux rôles.
Famille monoparentale (ou absence de communication dans un couple de parents)
Il arrive que les besoins affectifs d'un parent qui vit seul ou qui communique peu avec son partenaire ne soient pas comblés. Afin de combler ce manque, il peut avoir tendance à surinvestir son enfant. Une fois adulte, l'enfant se sent responsable de la solitude qu'il ou elle engendre en s'éloignant de ce parent. Son sentiment de culpabilité sera plus grand s'il ou elle subit un chantage affectif.