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«Aimer c'est donner ce que l'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas...»
Aimer, le terme paraît si familier... J'aime ma femme au même titre que j'aime les éclairs au chocolat... ? Le mot est usité dans nombre de contextes... On aime, on aime pas... Passons la définition du dictionnaire. Et lorsqu'on y réfléchit réellement, a-t-on une définition de ce terme ? On évoque des sentiments, des sensations, des émotions... rien de bien concrêt en fait. Pourtant chacun de nous utilise ce terme dans la vie quotidienne. Un homme a besoin de se sentir aimé, une femme également, mais le besoin réside dans le simple fait de prononcer cette phrase : «je t'aime». Populairement, il est dit que lorsque l'on sait pourquoi on aime quelqu'un, le sentiment n'est plus. J'aime... je ne sais pas pourquoi... et c'est pour cela que j'aime.............

Du côté de la psychanalyse le sentiment amoureux, aimer plus précisément nous amène à d'autres chemins, plus ternes, moins «beaux» peut être...

Prenons un homme et une femme. Ils s'aiment. Mais qui aime qui ? L'homme aime la femme parce qu'elle lui renvoit une image de lui qu'il aime. Ce n'est pas l'autre que l'on aime mais soi au travers de l'autre. Egoiste ? Non ! Réciproquement la femme aimera l'autre en fonction de cette image qui lui plait à recevoir de l'homme. On en revient au phénomène du miroir. L'autre est un miroir de soi, il nous renvoit une image, bien souvent inconnu, inconsciente pourrait-on dire..............

Il y a bien sûr «plaire» au sens physique. Une femme plait à un homme parce qu'elle rentre dans les critères de beauté qu'il a lui-même developpé au cours du temps, depuis sa toute petite enfance pour être plus précis. D'aucun verront des critères élaborés sur le modèle de sa mère, mais le sujet n'est pas là. La femme qui plait, donc, sur des aspects purement physique, représente une projection réelle d'une image façonnée à l'intérieur de soi. Plus la femme que l'on regardera se rapprochera de ce «portait-type» plus l'homme sera attiré par elle. La réciproque est une fois plus vraie à l'égard de la femme à l'encontre d'un homme........

Lorsque les êtres se rapprochent, physiquement, je parle alors de proximité sans contact, rentre en compte des phénomènes hormonaux : phéromones et autres... Lorsqu'un dialogue s'enclenche, on «apprend» à connaître l'autre. En vérité, on vérifie que l'autre répond bien à certains critères. Ceux-ci, au-delà de l'aspect physique, sont aussi créés au cours du temps. Ils correspondent à une image de soi transposée dans l'autre sexe. Un homme de forte corpulence pourra être attiré par une femme très mince ou se rapprochant de son propre physique, tout dépend de la projection de soi qu'il a effectué dans son «image» de lui féminine.

Pour s'aimer soi, il faut d'abord aimer l'autre

Autrement dit, et même si cela semble choquer, si un homme est attiré par une femme, c'est avant tout parce que la réciproque est vraie. La nature est quelque fois bien faite, inconscient, on ne rapproche jamais d'une personne à qui on ne pourrait renvoyer un sentiment identique à celui que l'on perçoit. Jamais, dans le sens où la névrose de l'individu ne consiste pas justement à être attiré par des chimères, où le masochisme de la rencontre n'est pas présent. Quant une femme se sent attirée par un homme et que dans le quotidien rien ne se fait pour que les deux êtres se rapprochent, c'est qu'il y a erreur de la démarche. Bien souvent, l'individu réfléchit à comment approcher l'autre, comment plaire à l'autre. Faire les choses en fonction de l'autre conduit en général dans une impasse. Si j'offre des fleurs parce que je sais qu'elle aime les fleurs, alors qu'il ne s'agit pas d'une envie profonde m'appartenant, le résultat risque d'être décevant. Pourtant c'est la démarche de la majeure partie des gens. Pour que le NOUS existe, il faut d'abord privilégier le JE. S'écouter soi, ses envies par rapport à l'autre, se faire plaisir au travers de l'autre. Si mon envie consiste à offrir une boîte de ravioli à celle que je «postule», c'est cette envie qu'il faut suivre sans se soucier de la réaction de l'autre. A trop «se mettre à la place de l'autre», à chercher à comprendre comment va réagir l'autre, on en oublie le principal : soi. Soi et sa propre existence peuplée de désirs de l'autre. Or si l'on raisonne avec ce phénomène de miroir, si je fais en fonction de l'autre je ne renvois aucune image, celle susceptible justement de «convenir» à l'autre, de plaire. La démarche doit être entièrement personnelle, ne penser qu'à soi parce que précisément l'autre entreprend la même démarche, et ce sont ces deux combinés qui permettent le rapprochement. Le NOUS est une addition de deux JE et non pas chacun des JE faisant en fonction de l'autre. Chacun doit garder sa personnalité propre, le JE ne doit pas devenir un JEU censé séduire voire capturer l'autre. Ce type de relation ne mène en général guère loin.

Lorsque les couples se défont, c'est que l'une des images, et bien souvent les deux, renvoyés par chacun ne «conviennent» plus. L'image de soi renvoyée par l'autre ne correspond plus à soi. Il y a donc rupture dans tous les sens du terme.........

La Jalousie

Qui pour soi-même voire dans son entourage n’a pas utilisé ce mot : jalousie, à l’adresse de quelqu’un ? Je tiens avant de commencer à apporter une précision. Souvent on confond jalousie et possessivité, ce sont deux concepts bien distincts. La jalousie appartient au domaine de la névrose, elle est une angoisse sur la fidélité de l’autre. La possessivité, névrose également, correspond au besoin d’appropriation de l’autre. La différence tient essentiellement dans ce que l’un est projection, la jalousie, l’autre tient plus d’une problématique à la mère récurrente dans sa relation avec autrui. Cela peut sembler difficile d’approche, mais vous le verrez il n’en est rien.

La jalousie est une angoisse

Mettons en scène un couple : un mari, une femme... Postulons un mari jaloux... Autrement dit chaque occasion est l’objet pour celui-ci d’une théatralisation d’événements... Il imagine sa femme dans d’autres bras, avec un amant... Chaque regard qui se porte sur elle donne lieu à des “scènes de jalousie” : “pourquoi il te regarde ainsi ? qu’est ce que tu lui as fait pour le provoquer ?”, les exemples ne manquent pas et je pense que chacun peut en trouver de par son propre vécu. La jalousie consiste donc à imaginer des situations, des relations, des comportements de l’être aimé avec d’autres personnes. Plus haut je parlais de “projection”, pourquoi ? Certes les propos qui vont suivre vont certainement révulser toute personne jalouse et éclairer d’une manière un peu brutale la “victime” de ces actes de jalousie...

Tout ce que le “jaloux” attribue à l’autre n’est que projection d’un propre désir inconscient. Le mari jaloux, pour reprendre notre exemple, est en fait en proie à des désirs inconscients “d’infidélite”... Ces désirs dans le cadre de la pulsion sont tout à fait fréquents et “normaux”, il ne faut pas confondre : désir et réalisation du désir (voir chapitre du même nom)... Mais cette pulsion inconsciente est insupportable... de par son mode de fonctionnement conscient, éducation, etc. Rendre conscient une telle pulsion par une forme directe apporterait une angoisse et un traumatisme où l’être en question ne pourrait “vivre avec”. La solution qui s’ouvre à lui reste donc la projection : je projète mes propres désirs inconscients sur l’autre. Finalement tout ce qui est attribué à l’autre est le reflet d’une pulsion propre à soi même.

La nature de cette projection, sa mise en scène nous donne des indications sur l’essence de la pulsion projetée. Il n’existe pas une jalousie mais des formes multiples de jalousie qui se matérialisent pour notre mari jaloux par des projections de type : infidélité de l’autre à différents degrés, du simple regard porté sur un autre au passage à l’acte en passant par de nombreux autres débordements d’imagination.

Etre deux à s'entendre

Accepter cette idée de projection n’est pas évidente. Le mari jaloux niera cet état de fait, ne peut admettre que ce soient ses propres désirs qu’il approprie à l’autre. Pourtant la démarche ne peut être que stabilisante au niveau du couple. En effet la jalousie est souvent associée au qualificatif “trop”. “Mon mari est trop jaloux, ma femme est trop jalouse, il (elle) me rend la vie impossible”. Et il n’est pas rare d’en arriver à voir des relations se dégrader voire se rompre pour de “la jalousie”.

L’autre, cible ou victime, ne doit pas comprendre dans ses lignes : “ah donc c’est toi qui désire me tromper”, ce qui aggraverait une communication déjà fragile mais plutôt entamer un dialogue. Cette pulsion est par définition inconsciente, on pourrait parler à la limite de pulsion animale que le conscient, l’être dit civilisé, exempt de tout reproche, ne peut maîtriser. Le dialogue permet la réflexion sur soi-même, certes il n’apportera pas les réponses d’un domaine inaccessible mais il permet l’apparition de la tolérance. Savoir ce qui appartient réellement à l’un ou à l’autre est indispensable. Cheminer vers “pourquoi ai-je besoin d’être jaloux ?” puis “pourquoi ai-je ces désirs que j’attribue à l’autre” permettent bien souvent d’améliorer son rapport à l’autre et souvent soulève d’autres questions qui finalement n’avaient aucun rapport avec un “désir d’infidélité”.

On ne peut “aider” quelqu’un si la demande de ne vient pas l’autre. On ne peut être aidé malgré soi. L’homme ou la femme jaloux(se) exprime une angoisse, c’est elle qu’il faut entendre et non pas les mots exprimés qui traduisent d’une manière déformée celle-ci. Car il ne faut pas s’y méprendre, être jaloux fait souffrir l’autre mais surtout celui a besoin de cette projection vers l’être qui lui est le plus cher, l’être aimé, sa raison d’être.

La peur de mourir : la peur de la vie ?

La peur de mourir est un sentiment typiquement humain. La vie s'organise autour de cet axe : la fin. On sait que toute chose prendra un jour fin sous la forme actuelle qu'on connait. Cette peur peut devenir angoisse démesurée, nous y reviendrons plus loin.

Et après ?

Mais si l’on y regarde de plus près, l’angoisse de la mort est un déplacement. Ce n’est pas la peur de ne plus être mais la peur d’être. Nous avons accès au commencement, il est “datable”, la vie poursuit son cours, nous en prenons plus ou moins conscience, en revanche ce que nous ne savons pas, c’est l’issu, le terme. Qui peut dire quand et comment il “mourra” ? Il existe un champ sémantique et métaphorique assez grand autour de l’idée de mort. La première fonction est de se rassurer sur la mort : quitter ce monde (sous entendu partir vers un autre). Est-il acceptable de penser qu’il n’y a rien avant et rien après. Est-il concevable de se dire : après la mort il n’y a plus rien, il ne reste rien de soi ? Visiblement cette idée peut paraître lourde de conséquences, cela reviendrait à dire que quoiqu’on fasse, cela ne sert à rien donc on prive de sens ce qu’il y a avant la mort c’est à dire le plus important au quotidien : la vie, sa vie. Par nature, l’Homme n’a qu’un objectif de vie, il est pour se reproduire, mais réduire le sens de la vie à la simple fonction de reproduction le ramène au staut d’animal. Or “doué” d’intelligence, il ne peut se résoudre à accepter cette simple “vocation”. Il se créé, plus ou moins justement, d’autres sens. Inconsciemment chacun sait qu’il n’est qu’infime élément dans un tout qu’il appelera en fait un “rien” à l’échelle humaine. Cette idée est forcément angoissante : “je suis, mais je ne suis rien”. Il n’aura donc de cesse de “construire”, “bâtir”, pour laisser traces de lui. Et c’est là qu’intervient la notion de temps. La vie est une durée non maîtrisable. On peut calculer une durée de vie moyenne, mais ce ne sont que des statistiques, une moyenne de tous, or ce qu’il y a de pire c’est d’être assimilé au reste, aux autres. Pris individuellement personne ne peut donc connaître le moment de sa fin. L’Homme peut-il être sûr qu’au dernier moment, “il aura servi” à quelque chose ?

Mourir ou souffrir ?

Souvent on entend : “ce n’est pas la mort qui me fait peur, mais la souffrance”. On ne peut pas avoir peur de la mort parce qu’on ne sait pas ce que c’est. La mort est une idée, un fantasme. Ce qui angoisse ce n’est pas de mourir mais de ne pas savoir. Alors que la souffrance est connue. Chacun a pu un jour où l’autre vivre une douleur, une souffrance, physique ou psychologique. Mais la douleur est bien quelque chose de conscient, on sait ce que c’est. De plus elle appartient à la vie. Lorsque quelqu’un meurt on dit : “il est parti sans souffrir”, ce qui démontre bien l’idée de se rassurer dans la mort. Et lorsque : “il a beaucoup souffert avant de mourir”, on a tendance, là encore dans un souci d’apaisement de l’esprit à rajouter : “il ne souffrira plus maintenant”. La mort comme une libération de la souffrance... Je pense qu’une partie de la réponse se situe à ce niveau. Est-il concevable d’envisager la vie comme une souffrance, quelque chose auquel on ne peut faire face.

En fait, c’est la vie qui n’est pas maîtrisable, “domptable”. C’est la vie que l’on subit et on tente de faire “au mieux”. L’aspect conscient d’une vie est infime comparé au côté “inconscient”.

La vie est comme un film, à la différence qu’un film lorsque commercialement il est rentable, on lui créé des suites. Qu’en est-il de la vie ? Qu’elle “marche” ou qu’elle ne “marche” pas, peut-on lui faire une suite ? Les religions tentent de répondre à ces questions : le paradis, la réincarnation...

Dormir est une pulsion de mort

Le sommeil, en psychanalyse, est une pulsion de "mort". Il existe les pulsions de "vie", celles qui nous gèrent au quotidien et qui en général prennent le dessus. Le sommeil répond à une pulsion de mort (inactivité inconsciente où l'on ne maitrise plus rien, à commencer par ses rêves).
L'insomnie, c'est s'empêcher de répondre à cette pulsion de mort : moins vous dormez et plus inconsciemment vous vous persuadez que vous êtes encore en vie. C'est d'ailleurs le cas des bébés qui pleurent la nuit, bien souvent pour répondre à l'angoisse des parents : dire que tout va bien, "tu vois maman, c'est la nuit et je suis en vie, alors rassure-toi, il ne m'arrive rien". Pourtant le sommeil répond à un besoin physiologique. Paradoxe de la situation, si l’on ne dort pas on finit par mourir.

La peur de la mort n’est pas la même chose que la peur de mourir. La mort est prise comme entité, représentée et nommée comme s’il s’agissait de quelqu’un. Certaines légendes la représente comme “la faucheuse”, elle vient et vous emporte : ce n’est pas vous qui décidez et c’est là que l’angoisse prend son sens. Comme si c’était quelqu’un qui décidait pour vous le moment où vous ne serez plus sans finalement vous “demander votre avis”, or sa vie n’est ce pas le principal élément de soi ? Sans la vie on ne peut être. La peur de la mort ce serait la peur de ce qui est “nommable” sans pour autant prendre un sens concrêt, un voyage vers l’inconnu que l’entendement ne pourrait atteindre. La peur de mourir est plus à rapprocher d’un déplacement de l’angoisse de vie.

La mort comme moteur de vie

Alors que faut-il faire ? Ces angoisses sont nécessaires à la continuation de la vie car elles repoussent et déplacent l’inacceptable du quotidien. Tout le monde (même si certains prétendent le contraire) a peur de la mort, de mourir. Ces peurs peuvent se matérialiser de mille et une manières différentes. Lorsque l’angoisse est démesurée, de nature phobique, en parler voire consulter peut, non pas atténuer, mais permettre de mieux “vivre” avec cette idée, accepter finalement une angoisse et s’apercevoir qu’elle est un moteur dans le développement de soi et surtout indispensable à la vie.

Le Rêve

S'il est bien un domaine où personne n'échappe, c'est bien celui du rêve. En effet il est prouvé scientifiquement qu'un être humain ne rêvant pas pendant trois jours meurt ! Pourtant certaines personnes sont persuadées de ne jamais rêver... Beaucoup de choses ont été dites sur les rêves, l'art de dormir, l'interprétation etc... Il serait bon avant d'aller plus loin de donner quelques explications.

Le rêve et la pulsion !

Le rêve répond à une pulsion de mort, il n'est pas simplement le prolongement du sommeil mais un autre état de la conscience. Une déconnexion du contact à la réalité où la pulsion s'exprime. Ce domaine est beaucoup étudié par les chercheurs, médecins et autres, en effet le trouble du sommeil, les «nuits agitées» ont des incidences qui peuvent se révéler graves sur le psychisme de l'individu au quotidien.Aussi nombres d'études et de travaux ont été réalisés sur les animaux comme sur les humains. Je n'ai pas vocation ici à faire de la théorie scientifique et tenterai de simplifier au maximum.

A commencer par le nombre de rêve par nuit : là, il n'y a pas unanimité si ce n'est que cela se compte en plusieurs dizaines alors qu'au réveil, l'individu s'en souvient de zéro à trois en moyenne. Puis la durée de celui-ci. Lorsqu'on se remémorre un rêve, bien souvent il s'agit d'une histoire qui racontée peut prendre plusieurs minutes. Pourtant le laps de temps qui s'écoule réellement n'est que de quelques millième voire dizième de seconde. Un exemple serait peut être plus significatif.

Le rêve prolongement de la réalité !

Des travaux ont été effectués sur des hommes et femmes afin d'analyser leur comportement et le mécanisme du rêve. Un homme est dans son lit, il dort... On lui jette de l'eau au visage, il se réveille brutalement, on lui demande de raconter son rêve. S'en suit alors un long récit de week-end à la campagne avec plein d'amis, un repas, des dialogues, quelques événements, le tout se finissant au bout de quelques minutes par un plongeon dans la piscine. Visiblement, vu la cohérence du rêve, ce n'est pas celui-ci qui a évolué vers un rapport avec la réalité et un «liant» à l'eau mais plutôt l'eau jetée au visage qui a induit totalement ce rêve. Autrement dit entre le moment où l'eau a touché l'individu et la perception consciente de ce qui se passait, il s'est peut être passé seulement un millième de seconde. Il s'agit en fait d'une forme de réflexe : courant électrique qui traverse le corps puis analyse du cerveau pour la compréhension de l'événement. Il en va de même pour une douleur, aussi minime soit le temps pour «réaliser» ce qui se passe, il existe néanmoins. La durée de la prise de conscience d'eau dans notre exemple a suffit à générer un rêve construit s'étalant dans la durée. Un autre exemple vient confirmer ceci : un homme dort, on laisse tomber à la base de son coup une tringle à rideau, il se réveille et raconte. L'histoire se déroule pendant la révolution française, le récit dure plusieurs minutes et se termine sur la guillotine comme on aurait pu deviner.

La durée du rêve est donc consciemment imperceptible, ce qui est explique d'une part «le rêve éveillé», le moment d'absence en journée. D'autre part, à ceux qui ne rêvent jamais et ne sont pourtant pas «morts», il y a rêve sans forcément cosncience du rêve, il y a rêve sans forcément sommeil au sens traditionnel du terme.

Une autre expérience, plus amusante celle-là a consisté à démontrer scientifiquement que les animaux rêvaient. Ceux qui possèdent des animaux de compagnie ont du s'apercevoir de ce phénomène. Des capteurs ont été posés sur des chats pour aller plus loin dans la recherche. A quoi peut donc rêver un chat. Pour l'être humain cela est simple (quoique non mais nous verrons pourquoi plus bas), il lui est possible de le raconter. L'animal lui, ne peut nous raconter ce dont il a rêvé. Ces capteurs ont étudié le comportement du chat durant la journée, les réactions cérébrales lorsqu'il mangeait, courait, avait peur, jouait etc... permettant «d'imprimer» des graphiques bien spécifiques à chaque événement. Pendant le sommeil du chat qui, c'est connu, dort en moyenne 18 heures par jour, l'expérience s'est poursuivie, imprimant également des courbes, résultat : le chat rêve... de la souris ! En effet la courbe était exactement la même que lorsqu'il chassait une souris... On retrouve dans le sommeil du chat la reproduction d'événements de son activité réelle.

Et si l'on rêve que l'on meurt ?

Et bien la réponse est simple, on meurt vraiment. Pourtant nombre d'entre nous ont déjà rêvé de la mort ou de sa propre mort. Un rêve récurrent consiste à tomber d'une falaise, de recevoir un coup de feu etc... Pourtant si l'on regarde bien, l'individu se réveille toujours avant d'avoir touché le sol, avant d'expirer, pour notre exemple précédant, notre «cobaye» s'est réveillé avant que sa tête ne quitte ses épaules. Je vous parlais de rêve en tant que pulsion de mort, mais la pulsion de vie est heureusement présente pour rétablir la situation et cela se traduit par un réveil bien généralement brutal. Si sa propre mort est effective en rêve, elle l'est également dans la réalité. Et bien heureusement seulement une seule fois dans sa vie...

Le rêve comme phénomène

Ce domaine avant d'intéresser les psychanalystes, était l'apanage de «marchands de rêves», de machines à fric. En effet, un énorme commerce s'est développé autour du rêve. On ne compte plus les «proverbes», maximes et autres incorporant ce mot. On a déjà opposé rêve et cauchemard... L'un étant bon, l'autre mauvais. Le rêve a pris un autre sens et substitué au mot «désir», «aspiration» à être. «Mon rêve serait d'avoir une maison», le rêve en tant qu'objectif.

La psychanalyse a montré, que sans le savoir rêve était synonyme de «désir» non en tant que but mais en tant que pulsion... Le rêve est l'expression d'une pulsion et celle-ci ne connait pas les notions de Bien et de Mal.

Le mensonge : expression des vérités

Pour tous, le mensonge est une affirmation contraire à la vérité, faite avec l’intention de tromper. Cette capacité à mentir est souvent prise et comprise comme un vil défaut. On sait ce qu’est finalement le mensonge, tout le monde y a eu recours un jour ou l’autre, par besoin, nécessité ou simplement pour ne pas “avouer” une vérité. Il y a également le mensonge par omission, le petit mensonge ou le gros mensonge. D’acoutumée, une distinction est faite, il n’y a pas un mensonge mais des mensonges classés dans différentes catégories, avec différents degrés d’acceptation. Cet ouvrage tente de démontrer qu’il n’y a pas une vérité mais des vérités, qu’il n’y a pas une réalité mais des réalités. Tout est question de perception. Ce qui sera vrai pour moi ne le sera pas forcément pour autrui. Ce que je perçois, ma façon de ressentir et de vivre les choses ne sera pas vécu de la même manière par quelqu’un d’autre. Il en va de même pour le mensonge. Nous verrons qu’il perception décalée de la réalité. Le mensonge est un moyen de communication comme un autre, un discours à un autre degré. Lorsque le dialogue ne peut se faire au premier degré, c’est à dire en relatant un fait par une réalité et vérité communes à tous, il est déplacé vers un autre moyen d’expression. Que ce soit vis à vis de soi-même : on peut se mentir, ou vis à vis des autres : on ment aux autres. Le mensonge ne doit pas être forcément pourchassé et combattu. Il se doit avant tout d’être entendu puis expliqué. Et cela commence dès le plus jeune âge...


Déja tout petit...

Si vous êtes parents, vous avez pu constater chez votre enfant, dans ses premières années, un “passage”, une période pendant laquelle votre fils ou votre fille se mettait a beaucoup mentir. La première réaction est de le gronder voire de le punir, de lui dire “ce n’est pas bien de mentir”. Quelques fois les parents expliquent pourquoi “ce n’est pas bien de mentir”, mais cela ne va guère plus loin. Or le mensonge chez l’enfant est tout à fait normal. Il s’agit d’une phase de sa construction. D’ailleurs lorsqu’un enfant de 4 ans ment, son attitude est facilement décelable, la différenciation entre réalité et mensonge est assez facile à faire, comme si le mensonge n’était pas “élaboré”. L’enfant raconte ce qu’il a fait, ce qu’il a vu soit en l’éxagérant soit en l’inventant purement et simplement. L’enfant dans la construction de son “moi” prend dans son environnement, il s’identifie au père, à la mère mais aussi à des animaux, des choses. La part de l’imaginaire, du symbole est très importante également. L’impact du conte de fée, des histoires qu’on lui raconte, ont également leur part. L’enfant parce qu’il ne sait pas encore faire la différence entre la réalité et l’imaginaire mêle régulièrement ces deux univers entre eux. Il projète son désir d’être avec ce qu’il est. Je pense qu’il faut vraiment prendre cette période comme quelque chose de positif, de constructif avec bien sûr des limites. Le mensonge de l’enfant dans cette période est naturel lorsqu’il intègre l’imaginaire au réel. Ensuite celui-ci évolue, il est réalité déformée. Ce n’est plus un embellissement de la vérité mais une négation de la vérite. Lorsqu’il est utilisé comme moyen de défense par exemple, il fait une bêtise puis la nie. Mais cette possibilité à nier lui a été donné par son environnement, il ne peut l’inventer seul. La peur va peut être le pousser à mentir. Souvent d’ailleurs le mensonge ne résoud rien parce qu’il est mensonge d’enfant, il n’est pas encore assez “grand” pour “savoir mentir”.

Le mensonge : médium de communication

Le mensonge exprime une vérité qui ne peut être formulée autrement que par ce biais pour de multiples raisons. Pour l’enfant qui a fait une bêtise, la peur d’être puni peut déclencher le mensonge. Il exprime alors deux vérités, deux réalités : la première est un aveu indirect de sa faute, la deuxième est la peur des conséquences de celle-ci. Le parent lui va prendre le mensonge au premier degré comme une négation de la vérité et va donc justifier sa peur : la punition qui dans ces cas là devient double : la bêtise et le mensonge. Il y a en fait toute une éducation à faire autour du mensonge ou plutôt tout un discours à mettre en place. Le mensonge peut permettre un élargissement de la communication, comme nous l’avons vu, il permet d’exprimer plusieurs réalités en même temps. Il s’agit de commencer cet apprentissage dès le plus jeune âge, car vous savez que le mensonge évolue, qu’il peut devenir dans certains cas un “art” voire une arme. Justement sommes-nous bien armés face au mensonge ? Vous me direz qu’il est facile d’entendre ce qu’exprime réellement un mensonge lorsqu’il est perceptible. Mais lorsqu’on ne sait pas que celui qui s’adresse à nous, ment, comment fait-on ? Est-ce réellement important ? Le menteur de tous les jours, a besoin d’un auditoire. Je pense qu’il faut être deux pour qu’il y ait mensonge. Un pour mentir, un pour entendre le mensonge, y croire, se laisser “berner”. Le menteur va utiliser cette “naiveté” naturelle de l’autre pour faire passer son message.

Détecter le mensonge ?

Parce que le mensonge est facilement décelable, identifiable... S’il est pris comme une vérité, ce que l’autre avait besoin de l’entendre comme telle. Au besoin il existe quelques techniques pour détecter le mensonge dans un discours, mais est-ce bien nécessaire ? Je vous en donne un : les mouvements occulaires. Tout ce qui est dit est généralement pensé auparavant, surtout lorsqu’il s’agit du mensonge parce que “énergétiquement”, il consomme beaucoup plus que le simple fait de relater une vérité simple. Le mensonge doit d’abord prendre en considération la vérité que l’on doit masquer ou modifier, puis il y a construction de l’esprit, modification de cette réalité, “enrobage” par exemple. La PNL (programmation neur-linguistique) a mis en évidence que lorsque il y avait contruction phrasée de l’esprit, création d’une nouvelle réalité, les yeux partaient automatiquement sur le côté gauche ou droit selon qu’on soit droitier ou gaucher. Un “petit truc” parmi d’autres...

Quelle est la névrose du menteur ?

Pourquoi le mensonge ? Pourquoi quelqu’un est-il amené à mentir ? C’est dans l’écoute de son mensonge que l’on entend et comprend ce que la personne dit réellement. Le mensonge répond bien sûr à une névrose, et si le mot peut choquer certains, nous dirons qu’il répond à un besoin. Il existe, nous l’avons vu, différents types de mensonge mais finalement ils retraduisent tous une “image de soi” (voir le chapître “moi et mon image”). Il y a la perception que l’on voudrait que les autres aient de nous : un moi “meilleur”, différent d’une certaine réalité, un moi “idéal”... Mais ce désir de vouloir être perçu différemment traduit en fait la non-acceptation de certains éléments de soi. Il répond à des traumatismes de la petite enfance et bien souvent est le reflet d’une idée de perception de son père ou de sa mère. Le menteur a une problématique à l’un des parents. Il n’est pas à ses propres yeux (et non pas forcément aux yeux de ses parents) comme il aurait voulu être. Il y a un sentiment de déception, on perçoit justement ou injustement que l’on est pas à l’image d’un moi idéal symbolisé par ses propres parents. Ce sentiment de ne pas être véritablement soi ou celui que l’on aurait dû être va pousser à créer un deuxième moi, une des composantes de la schizophrénie. D’ailleurs le mensonge peut mener dans certains extrêmes des aspects pathologiques de la mythomanie. Et nous en revenons une fois de plus à l’expression de la pulsion. Le mensonge est une projection de soi au travers d’un dire, une forme codée d’expression de l’inconscient au même titre que le lapsus. Il est l’expression d’un manque.

Apprendre à entendre le mensonge

Il suffirait de se rééduquer, de réapprendre à communiquer pour que l’autre puisse entendre ce qui est exprimé dans le mensonge. Les relations avec autrui s’en trouveraient améliorées. Le mensonge n’est pas la négation d’une vérité mais l’expression de nombreuses réalités propres à soi. Il faut aller au-delà des mots, au-delà du sens premier. Le mensonge n’existe que parce qu’il y a des gens qui sont prêts à croire au mensonge, à transformer ce qui est mensonge en réalité. Si chacun entendait le mensonge, le menteur n’aurait plus besoin d’utiliser ce mode de communication et pourrait enfin exprimer ses réalités l’une après l’autre et non plus confondues en une seule. Un objectif qui malheureusement me semble loin d’être atteint parce qu’il pose la question : pourquoi j’accepte que l’on me mente ? Il ne faut pas oublier que le menteur a besoin de quelqu’un pour le croire. Si tel n’est pas le cas, celui-ci n’a plus de raison d’être. On fustige le menteur, est-ce véritablement sur lui qu’il faut s’interroger ?

Le racisme

Au niveau idéologique, le racisme consiste à affirmer au nom d'un peuple, d'une hiérarchie entre les races, qu'un peuple, incarnation d'un type humain idéal, est supérieur à tous les autres et voué par conséquent, à les dominer. Par analogie, il s'agit de l'hostilité envers une catégorie quelconque de personnes.

Le racisme et l'enfant

L'interprétation psychanalytique du phénomène est toute autre. Elle insiste sur la notion de peur. La société dans laquelle évolue l'individu a son importance. En France, le racisme se porte aujourd'hui sur l'Afrique. Les «noirs» et les «arabes» servent la cause raciste alors qu'il y a cinquante ans, les polonais, les tziganes, les juifs étaient les bêtes noires. Actualité oblige, il n'est pas incertain que les comportements de type racistes évoluent vers l' «asiatique» d'ici quelques années.

Remontons maintenant dans le temps. Non pas en génération, mais simplement en âges. La tranche 0-7 ans de l'individu et les différents stades freudiens. Pierre a quatre ans, sa petite soeur Marie, trois. Pierre est tout fier de son petit «zizi» pour faire «pipi». Lors de jeux dits de «découvertes», Pierre s'aperçoit que Marie n'est pas physiquement identique à lui. Marie qui n'avait jamais vu de petit garçon tout nu auparavant s'interroge : pourquoi le robinet de Pierre a-t-il grandi et pas le sien ? Marie demande des explications à sa maman qui lui répond qu'elle est comme elle, Pierre comme son papa. Marie ne comprend pas. Pourquoi Pierre, plutôt qu'elle ? Marie finit par vivre ça comme une punition. Elle se dit que maman avait un robinet, qu'elle l'a perdu et c'est pour ça qu'elle n'en a pas non plus.

Le racisme : la peur de la Femme

C'est ce que se dit Pierre également. Les filles n'ont «plus» de robinet. Il s'agit donc d'un objet qui peut se perdre. D'ailleurs le stade de la castration quelques années plus tard le lui rappelle. Son père symboliquement (et avec d'autres mots bien sûr) lui a expliqué qu'il ne «possèderait» jamais sa mère, qu'elle appartenait à son papa, qu'il ne pourrait pas l'épouser sinon on lui couperait son robinet...

Pierre va donc passer sa vie à préserver ce qu'il a. Marie, elle, fera tout pour en avoir un. Les démarches sont inconscientes et symboliques, elle ne se traduisent pas en actes comme en mots. Quel est le rapport entre ce qui précède et le racisme, à première vue aucun...

La femme rappelle à l'homme en permanence ce qu'il redoute... sa castration... La femme est pour l'homme ce qu'il ne voudrait pas devenir : un être sans phallus. Cette peur est bien ancrée et présente quotidiennement. Mais l'être humain a besoin des deux sexes pour procréer, homme et femme sont indispensables l'un à l'autre, il faut donc composer. Cette angoisse persiste néanmoins et se déplace vers «autre chose». La femme n'est pas comme l'homme. Il faut donc trouver quelqu'un de différent. Différent de soi, la définition au cours du temps a évolué. Le différent dont on va avoir peur, celui du village voisin, puis de la ville voisine, de la région limitrophe, du pays limitrophe.

Voici donc le point de départ. Celui qui ne peut assumer sa peur, son angoisse inconsciente de la femme la déplace, la projète ailleurs. Nous appelerons cela le racisme.

Cela reviendrait aussi à dire que la femme n'est pas raciste puisqu'elle est déjà dépourvue de «phallus», elle ne peut donc avoir cette peur qu'à l'homme. En effet une femme n'est pas raciste à l'origine, elle peut le devenir par conformité à l'homme, par éducation... Mais le sentiment de «racisme» n'est pas le même que celui du sexe opposé.

Les amateurs de football ne viendront pas contredire ce qui suit. Prenons par exemple deux équipes : Le Paris St Germain et Marseille, deux grandes villes, deux grandes équipes de football. Le supporter exècre le club dont il n'a pas les faveurs. Parisiens et Marseillais se «détestent», plus cette haine est virulente, plus le sentiment d'appartenance est fort. Il s'agit bien là de racisme, lié à ce que réprésente chaque ville aux yeux de chacun. Sans rester dans le monde du football, l'in-amitié parisiens-marseillais est bien connue. Il y a bien sûr de nombreuses raisons mises en avant mais aucune pour justifier réellement cette aversion.

La peur du "noir"

«L'étranger» est la victime idéale de ce déplacement. Le noir, l'arabe, l'asiatique possèdent des différences visibles à l'oeil nu. La couleur de la peau n'est pas la même, l'éducation, les modes de vie, les religions sont différentes. Voilà une cible idéale de projection permettant l'argumentation quasi infini de discrimination. L'autre, différent, représente pour l'individu ce qu'il n'aimerait pas devenir. Cette peur initiale transformée en peurs. La peur du noir (sans mauvais jeu de mot) de l'arabe conduit à craindre ce qu'il est, représente et fait. L'autre devient donc une menace qu'il faut supprimer, à défaut de pouvoir supprimer ce qui représente la peur originelle, la femme.

La société évolue, le déplacement évolue également, la peur de l'autre passe d'un être à un autre, se manifeste sous des formes nouvelles. Imaginons un brassement mondial de la population : une seule race. Le racisme persisterait toujours. En effet, il s'agit là de projection, quelques soient les démarches entreprises, elles ne réduiront en rien la peur de la castration. Le racisme cessera d'être lorsque : toutes les femmes auront un «phallus» ou bien tous les hommes auront perdu leur «robinet». Ces deux solutions paraissent irréalisables pour l'instant, il en demeure une dernière : l'acceptation pour l'homme de la femme, plus en tant que menace ou risque de devenir de la gente masculine. Accepter la femme en face de soi, c'est accepter la partie féminine présente en chaque homme. Les progrès de la science pourront peut être palier aux deux premières solutions, quant à la troisième, il y a un long et pénible travail sur soi à entreprendre. Accepter ce qu'est réellement le racisme à la source est déjà un grand pas.

Un petit test pour commencer...

Lorsque vous vous regardez dans une glace, que voyez-vous ? La plupart auront tendance à répondre : «MOI !». Et c'est là que tout commence... Ce n'est pas soi que l'on voit. Autrement le «MOI» serait réduit à une tête, un cou, des épaules, peut être plus si le miroir est en pied. Dans ce cas là, prenons deux miroirs : il y a deux MOI, ajouté du MOI qui se regarde. Et si la pièce est remplie de miroirs ?

Dolto racontait l'histoire de ce couple d'américain en voyage à Paris. Ils avaient emmené leur fils avec eux. Etant dans l'obligation de le laisser seul, il l'avait confié à une nourrice. La pièce où il pouvait jouer contenait de nombreux miroirs. Cet enfant fut très vite présenté à Françoise Dolto : destructuration de la personne... Personne n'avait songé à expliquer ce qu'était un miroir et ce qu'il refletait réellement. Ce jeune garçon s'était vu, lui, dans ces miroirs. Il y avait plusieurs LUI, or il pensait être UN. C'est un aspect schizophrénique.

Autre cas que Dolto avait eu à résoudre : une maman avait des jumeaux, homozygotes c'est à dire des «vrais-jumeaux», issus du même oeuf. Il se ressemblait donc parfaitement. A quatre ans, l'un deux tomba malade. Il resta à la maison tandis que son frère partit à l'école. La maman, alors qu'elle faisait la cuisine, entendit son fils appeler et crier contre son frère. Elle rentra dans la chambre où il était resté et le vit devant un miroir en train de se regarder. L'enfant se disputait avec son frère. Ce qu'il voyait dans le miroir était son frère, pas lui.

Réflection de l'image et réflexion sur soi

Ces deux exemples viennent illustrer le propos et pose la question : y-a-t-il un danger à se voir soi dans le miroir ? Danger n'est peut être pas le terme approprié. Vous l'aurez compris, ce n'est pas SOI que l'on voit dans un miroir, mais une image de soi. Une représention, un reflet de soi n'est pas suffisant pour ETRE. Prenons l'exemple du miroir déformant, il est évident qu'il s'agit d'une image «déformée» de soi. Quelquefois plus large, plus haut, ces types de miroirs vous modèlent presque à l'infini. Il ne viendrait pas à l'idée qu'un simple miroir puisse également déformer. Pourtant le miroir renvoit une image qui ne correspond à une réalité entière. Certains matins, devant le même miroir, vous pouvez vous trouver «beau» ou «laid» suivant l'image que vous percevez. Des cernes sous les yeux peuvent radicalement changer l'image que vous avez de vous. Mais cette image n'est que le reflet de ce que vous produisez dans votre tête. Si vous vous sentez bien, vous vous «verrez» bien, et réciproquement. Un petit bouton sur le visage présent depuis plusieurs jours peut prendre beaucoup d'aspects et une dimension différente sans prévenir, sans savoir pourquoi. On aura beau se retrancher derrière un : «je ne l'avais pas vu», sa présence soudaine modifie l'intégralité de son être et l'on se retrouve bien souvent réduit à ce simple bouton. On ne voit plus que lui, «les autres, c'est certain, ne voit que ce bouton». Et vous d'autres tenteront de vous rassurer, plus vous en parlerez, plus vous y penserez et plus effectivement vous deviendrez ce bouton et non plus ce «beau jeune homme» ou «belle jeune fille» que vous étiez hier.

Entre les exemples cités par Dolto et notre petit bouton, l'écart est en réalité infime. Il s'agit d'une représentation de soi et non pas soi même. La confusion peut amener à des déchirements importants. La prochaine fois que vous vous regarderez dans une glace, pensez-y, il s'agit de votre image, de votre reflet, et non pas vous-même. S'apercevoir simplement de cette différence, sans chercher à aller plus loin, c'est déjà apprendre à se distinguer ce qui est et de ce qui n'est qu'une image. C'est déjà s'aimer un peu plus...

Le Non-Arbre

ou "Ne pensez pas à un ballon rouge..."

Evidemment pour ne pas penser au ballon rouge, il faut d'abord visualiser celui-ci pour ensuite se dire qu'il ne faut pas y penser. Autrement dit, la négation n'existe pas, elle a simplement été créée par l'homme.

L'arbre existe, le non-arbre n'existe pas. La négation est une construction de l'esprit. Qu'implique-t-elle dans le quotidien ? A priori, rien de bien dramatique. «J'aime le café», «je n'aime pas le café»... Il n'y a pas de quoi philosopher... Et pourtant !

Lorsque les personnes traversent des phases difficiles, des coups de déprime, on dit qu'elles voient les choses en noirs, en négatif... L'expression est connu, mais il est rare de s'y être attardé.

La négation d'une chose, c'est dissoudre son existence même, cette chose a été nommée, la nier revient à la «dé-nommer», et finalement c'est soi-même que l'on remet en question.

La démarche consiste, ne serait-ce qu'une heure, à ne pas utiliser la négation une seule fois. L'exercice est périlleux voire impossible tellement nous sommes ancrés dans nos habitudes de «non-communication». Je n'aime pas le travail» peut être remplacé par n'importe quelle autre expression : le travail m'est désagréable; je déteste le travail... Ne pas utiliser «ne pas», utiliser autre chose que «ne pas». Cela peut paraître stupide et sans aucun intérêt, mais regardez l'effet que cela peut produire.

La Phobie

Nous avons tous nos peurs, nos angoisses, nos phobies. A croire qu’il s’agit là d’un élément essentiel et constituant de notre être. Peut-on assimiler une peur à une phobie ? La phobie est une angoisse démesurée face à la réalité d’un danger : par exemple la souris, la réaction devant cet animal peut prendre des proportions hors du commun alors que le danger réel n’est que très limité. Une peur est une angoisse, elle devient phobique lorsque le danger encouru n’a pas à première approche de lien direct avec celle-ci. En fait toute angoisse a besoin de trouver un support. Comme si l’être humain dans le plaisir ou le déplaisir avait besoin de trouver un équilibre. Lorsqu’une angoisse est générée, il est indispensable de savoir à quoi elle se rapporte. Se retrouver face à face avec un tigre affamé peut générer une peur compréhensible et imaginable. Ressentir la même chose face à une araignée inoffensivetrouve difficilement une explication logique et immédiate dans la motivation de cette peur.

L'angoisse est un signal

L’angoisse est un processus naturel. Il fait partie du domaine de l’affect. Sinterroger avec inquiétude de la stabilité de son emploi, se demander anxieusement pourquoi son enfant n’est pas encore rentré, pourquoi il a une heure de retard sans savoir où il est... Toutes ces peurs sont quotidiennes... L’angoisse est le niveau supérieur de l’anxiété, comme si il y avait une graduation dans l’intensité de ce que nous pouvons ressentir. La sonnerie du téléphone retentit, elle vous indique que quelqu’un cherche à vous joindre, vous saurez qui vous appelle seulement lorsque vous aurez décroché ou lorsque le numéro (si il est connu) de la personne s’affichera sur votre écran. Il en va de même pour l’angoisse. On dit bien “sentir une angoisse monter”. Elle est un signe que quelque chose en vous, comme un signal, a un caractère déstabilisant sur lequel il faut s’arrêter et nécessite de le résoudre. L’acceptation de cette problèmatique et sa solution suffisent bien souvent à faire disparaître l’angoisse.

La phobie est l'ignorance de l'angoisse

Tout autour de nous, voire soi-même, nous connaissons tous un phobique. Parmi les phobiques les plus fréquents : les animaux sont d’ailleurs un domaine de prédilection : la souris, l’araignée et une multitude d’insecte, les reptiles (serpents par exemple), les pigeons... la liste est longue La peur du vide, de l’enfermement, de l’eau...

Ne pas pouvoir ou ne pas savoir sur quoi faire reposer une angoisse à des conséquences telles que l’être humain ira joindre cette angoisse à une réalité. Etre traumatisé mais ne pas savoir de quoi, pourquoi est un état qui ne peut perdurer sans gravité. Un support est alors trouvé. La phobie de l’eau est en fait l’angoisse provoqué par un traumatisme ou plutôt un événement que l’on a vécu de manière traumatisante que l’on ignore et que l’on a déplacé sur l’eau. Souvent la phobie trouve son origine dans un traumatisme de l’enfance. Par exemple une petite fille de six ans a renversé un verre d’eau lorsqu’elle était à table avec ses parents. Son père lui a mis une gifle... Elle a vécu cela comme un traumatisme mais où était le traumatisme ? Dans le fait d’avoir renversé son verre où dans l’incompréhension de la gifle reçu ? Et puis le temps passe et nous retrouvons notre petite fille adulte, phobique de l’eau... Sa mémoire lui a bien sûr fait oublier cette gifle, et seul un résidu de l’action du verre renversé subsiste. Bien qu’elle ne se souvienne plus de ce repas, de ce verre, de cette gifle, le traumatisme lui a persisté, l’angoisse s’est trouvé l’eau comme support. Dans cet exemple de phobie, l’eau est un point commun... Au travers d’une analyse, cette femme peut retrouver la source de cette phobie et remettre à son juste support l’angoisse sur un traumatisme. Dans d’autres phobies, la souris ou le serpent, il est rare de retrouver l’animal lui-même à l’origine de l’angoisse et c’est là que va intervenir la symbolique (voir chapitre sur la symbolique de la phobie)

Peut-on retrouver seul l’origine exacte de sa phobie ?
La peur panique de la souris est créé par soi-même suite à une non-réponse, à un événement vécu comme traumatisant sans se souvenir de cet événement. L’oubli n’est pas le fait du hasard, il correspond à un moment donné à un besoin. Notre petite fille a eu besoin d’oublier le verre et la gifle de son père. Le déplacement qui s’en est suivi sur l’eau est la résultante d’une nécessité de nommer une angoisse pour qu’elle existe, de passer par une représentation symbolique de celle-ci afin de maintenir un “équilibre mental”. Vous me direz mais pourquoi alors avoir besoin d’oublier et de déplacer cela sur l’eau alors qu’il serait plus simple de pouvoir apposer ce qu’on a vécu de traumatisant sur l’événement réel ? Tout simplement parce qu’entre en jeu le domaine de l’inconscient, domaine que l’on peut explorer seul. Retrouver la source d’une phobie est parsemé de résistances que l’être humain a mis lui-même en place pour s’empêcher de retrouver son origine. Un travail thérapeutique de type freudien mènerait bien sûr à l’histoire du verre renversé, mais prendrait également en compte le pourquoi de la nécessité de conduire à la phobie et à la compréhension de chacune des barrières que nous avons mises en place pour ne plus pouvoir parvenir à ce père et à cette gifle.

Se débarrasser d’une phobie

Il existe bien sûr plusieurs méthodes thérapeutique pour “supprimer” une phobie, la PNL (Programmation Neuro-linguistique), les thérapies Ericksonnienne (hypnose) supprimeront la phobie mais ne s’attaquera pas à l’angoisse elle-même, qui rappelons-le doit obligatoirement porter un nom, est apposé à quelque chose. Souvent la phobie disparaitra donc mais le phobique aura toujours ce besoin de déplacer son angoisse. ce qui reviendrait à une phobie pour une autre... ? Dans certains cas pourquoi pas, si ce vers vers quoi de nouveau, l’angoisse est déplacée est moins “invivable”, “insurmontable”, ces techniques peuvent être une résolution temporaire mais n’ira pas à la source réel de la problèmatique.

La seule et réelle soution consiste à entreprendre un travail analytique, une introspection de soi qui menèra au-delà de la phobie et fera ressurgir et comprendre bon nombre de traumatismes enfouis. Cette démarche peut prendre plusieurs années mais elle apporte cette liberté de choix et de soi.

Mes défauts sont mes qualités !

La question revient souvent. Quels sont vos défauts ? Quelles sont vos qualités ? Le questionnaire de proust incite même à choisir SA plus grande qualité ou SON plus grand défaut. Dans tous les entretiens d'embauche, il est demandé ce que l'on préfère en soi ou que l'on déteste. La qualité et opposé par définition au défaut.

Qualité : propriété, matière d'être caractéristique.

Défaut : ce qui manque et qui serait nécessaire...

Et c'est là qu'intervient la psychologie. Il est reconnu que chacun de nous possédons des qualités et des défauts. Le défaut est donc ce qui manque et qui serait nécéssaire. Il y a donc absence, vide en chacun de nous. Comme si nous étions incomplet, un puzzle où des pièces manqueraient.

La société dans laquelle nous vivons nous pousse à sans cesse nous améliorer, ce ne peut être une chose négative en soi, mais à quel prix ? Le défaut serait le côté obscur et sombre de soi qu'il faudrait changer, modifier. Aspirer à n'avoir que des qualités ?

"Là ou le manque, manque"

Il faut arrêter de tromper et de se tromper. Le "défaut" n'existe pas ! Pourquoi ? Pensez-vous réellement être des individus incomplets à qui il manquerait quelque chose psychologiquement ? Au même titre "qu'il manque une case"? Médicalement certes des anomalies des malformations peuvent exister, mais cela n'a strictement rien avoir avec des qualités ou des défauts.

Pour démonstration reprenons la définition du mot qualité : propriété, matière d'être caractéristique. Dans cette définition, il n'y a pas la place pour opposer le mot "défaut". Matière d'être caractéristique, autrement dit ce qui vous caractèrise. Où voyez-vous un défaut ? Nous sommes tous caractérisés par divers éléments. Physiquement bien sûr : nos cheveux, notre nez, nos yeux, nos mains... Prendre une caractéristique de son corps et la classer dans la catégorie Qualité ou Défaut est un jugement subjectif. Les canons de la beauté chez les grecs ne sont plus les canons d'aujourd'hui. Les années se succèdent préférant tour à tour "les femmes à forte poitrine" aux femmes "plates". Le début du siècle vit sa préférence pour la couleur blanche très pale, aujourd'hui c'est le bronzage de la peau qui devient "beau" ! Qui décide de ce qui doit être une qualité et un défaut ? Le regard non pas de l'Autre mais des autres. Et l'on sait, souvenez-vous de la paille et de la poutre, que le regard des autres n'est que projection inconsciente. On voit chez l'autre ce que l'on ne veut pas voir chez soi.

Restons dans le domaine des caractéristiques physiques avant d'aborder le délicat et épineux domaine psychologique. D'un côté vous avez la génétique qui permet "l'assemblage" de votre être, fruit de votre père et de votre mère. En règle général, la "nature" fait bien les choses, il ne manque "rien" à la naissance. S'il ne manque rien, pourquoi auriez-vous besoin d'y trouver un défaut, un manque ? Un nez trop long ? Des oreilles décollées ? Trop gros ? trop maigre ? Il faut simplement se poser la question : qu'acceptez-vous de vous ? Et cette question n'a plus rien avoir avec un défaut quelconque. Une composante physique n'est une "tare" qu'à partir du moment où il y a malformation génétique. On ne parle plus de défaut mais d'acceptation de soi. Certains vont apprécier leurs rondeurs ou leurs oreilles décollées, d'autres non ! C'est là qu'apparait la "souffrance" ! Un défaut physique est souvent prétexte à souffrance, un déplacement d'un mal plus réel, plus profond. A quoi renvoie ce que vous n'aimez pas chez vous ? Telle est la véritable question qu'il faudrait se poser. Et je vous renvoie à la seconde partie du chapitre sur le "Moi et mon image".

Un défaut ou une souffrance ?

Passons au "soi-disant" défauts psychologiques maintenant. Quelques exemples : la curiosité ? Un proverbe le rappelle : "la curiosité est un vilain défaut !" ? Vouloir savoir, apprendre serait donc négatif ? Le jeune enfant qui pose des questions pour tout et sur tout serait donc dans l'erreur ? Les fameux "dis papa, pourquoi... ? dis maman, pourquoi ...?" seraient donc des défauts ? Vous me direz : "oui mais ce n'est pas dans le même contexte, ce n'est pas pareil !". Vous reconnaissez donc que dans certains cas la curiosité est nécessaire au developpement de soi, dans d'autres cas non ! La curiosité n'est pas donc pas "toujours" un défaut ! Alors quand l'est-elle ? Lorsqu'elle "dérange" l'autre, lorsqu'elle empiète sur un domaine privé de l'autre ? Vouloir s'immiscer un peu plus et de façon excessive dans la vie privée, intime d'un autre n'est pas un défaut, cela concerne des "règles" de savoir vivre ou de conduite en société. Un système de lois tacites instauré dans une communauté. La curiosité n'entre pas dans le champ du défaut mais à rapprocher du "pourquoi est-on radin, dépensier, etc..." (voir chapitre du même nom).

L'exemple ne vous convient peut être pas ? La jalousie nous l'avons vu est une projection d'un désir inconscient refoulé, ce n'est donc pas non plus un défaut.

Quoiqu'il en soit, même si vous continuez d'appeler défaut tout ce qui vous caractérise, c'est une partie de vous. Nous sommes tous des puzzles complexes avec de nombreuses composantes. On vous aime ou on vous déteste pour ce que vous êtes, avec vos défauts et vos qualités car cet ensemble ne fait qu'un : VOUS ! Retirez, changez une seule de ces composantes et vous ne serez plus la (le) même. Le regard de l'autre sera donc différent et vous, vous devenez quelqu'un d'autre. Vouloir devenir autre relève d'une souffrance interne qui fait qu'on ne s'accepte pas soi. Le meilleur ami pour chacun, c'est soi-même. Si vous n'êtes pas en harmonie, en paix avec vous-même, effectivement vous verrez telle ou telle pièce qui vous constitue. Prenez par exemple un puzzle, ne serait-ce que de cent pièces. Prenez un seul élément ! Que voyez-vous ? Un bout de carton, d'une certaine forme qui pris isolément ne signifie rien. Assemblez toutes les pièces, que voyez-vous maintenant ? Un puzzle ne prend sens que lorsqu'il a pris forme, que lorsque vous savez ce qu'il représente. Retirez un morceau, il devient incomplet. Retirez la cupidité ou le narcissisme ou l'orgueil, etc. de vous même; et là effectivement vous serez également incomplet. Où le dictionnaire définissait le défaut comme un manque qui serait nécessaire. Je vous invite à réflechir sur cette nouvelle définition. Le défaut est une caractéristique de vous-même au même titre que la qualité qui vous constitue. L'un ne va pas sans l'autre. Il ne peut y avoir de qualités si il n'y a pas de défauts, au sens où généralement ces mots sont employés.

N'oubliez pas le "dans certains cas" ! Dans certains cas la timidité est un défaut, dans d'autres ce peut être une qualité. N'est-on pas plus sensible, plus réceptif à quelqu'un qui est "timide" ? Tout dépend de ce que vous en faîtes. Prenez ce que vous considérez comme un défaut et envisagez, réfléchissez sur ce qu'il pourrait vous apporter de bénéfique. Savoir "jouer" de ses qualités et de ses défauts, c'est se permettre d'avancer vers un mieux-être. Et c'est là que je terminerais cette première partie. Ne considérez pas vos défauts comme des handicaps mais plutôt commes des atouts, des forces potentielles vous permettant d'évoluer, d'aller de l'avant. Apprenez à considérer vos qualités et vos défauts comme un tout et non pas comme deux ensembles, l'un positif, l'autre négatif. Vos défauts sont vos qualités, vos qualités sont vos défauts mais c'est vous qui choisissez ce que vous en ferez !