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Nous sommes tous seuls à des degrés différents.Cette solitude sera associée au plaisir ou à la souffrance selon le sens qu'on lui donne,selon nos attentes ainsi que selon la richesse des liens que nous établissons avec les gens. Notre capacité de nous relier à l'autre n'est pas une question de distance physique ou de sexe.Il s'agit de notre capacité de comprendre et de toucher le coeur et l'esprit de l'autre et de nous laisser toucher par lui.
1. Intéressez-vous à vous-même.
C'est en améliorant la relation que vous avez avec vous-même que vous commencerez ce cheminement.
# Identifiez vos émotions, vos points forts et vos points vulnérables.
Il y a bien des avantages à se connaître. Cela vous permettra de mieux vous comprendre, de vous améliorer et de développer votre propre identité.
# Reconnaissez l'existence de la solitude et profitez de ses plaisirs.
Profitez de l'instant présent.
# Prenez le temps de vous informer.
Développez une perception juste et nuancée des événements et des personnes.
# Donnez-vous le temps de réfléchir, et de faire le ménage dans vos préjugés.
Identifiez les stratégies inefficaces et les attitudes mentales nuisibles. Renoncez aux solutions inefficaces. Faites des choix plus sains.
# Faites le point quant aux personnes de votre histoire.
Remettez en question vos habitudes et vos croyances. Démasquez la nature de certains de vos rêves. Renoncez à l'impossible pour mieux vivre. Identifiez ce qui est vraiment essentiel et mettez de côté ce qui est secondaire.
# Reconnaissez votre part de responsabilité.
Attribuez-vous une responsabilité partielle. Prenez le temps de faire le point et de vous réorienter. Respectez votre rythme.
# Faites de votre mieux pour vous rapprocher de vos buts.
Fixez-vous des objectifs réalisables. Cherchez la suite de votre vie. Recherchez la satisfaction de vos besoins. Trouver votre propre voie.
# Profitez de ce que la société nous offre comme occasion de contacts.
Affrontez progressivement vos peurs. Choisissez des relations saines. Prenez soin de vous-même. Assurez-vous d'être disponible.
# Motivez-vous en imaginant ce que vous souhaitez obtenir, ainsi que ce que vous souhaitez éviter.
Utilisez les images, les paroles, et les sensations associées à votre passé, à votre présent et à votre avenir. Comparez-vous avec vous-même, et prenez conscience du chemin parcouru. Reconnaissez ce qui vous donne plus de plaisir ou vous procure moins de souffrance.
# Vivez vos deuils.
Cherchez un sens à la perte.
Cheminez par étapes suite au choc, à la sensation d'abandon, aux désillusions, à l'acceptation puis à la réconciliation avec la vie. Acceptez les différences. Laissez-vous vivre votre deuil à votre façon et à votre rythme.
# Choisissez vos amis et vos groupes d'appartenance.
Laissez évoluer vos relations. Soyez vous-même. Respectez l'autre. Prenez votre temps. Soyez actif. Explorez différents types d'activités. Respectez vos valeurs et votre valeur. Présentez-vous à votre meilleur. Laissez-vous connaître progressivement.
Demandez-vous: Est-ce que cette personne est capable d'identifier et de partager ses sentiments? Est-elle intéressée à développer ses capacités? Est-elle honnête et digne de confiance? Est-elle autonome? A-t-elle une attitude positive envers la vie? Partage-t-elle mes valeurs? Est-elle disponible et prête à s'engager?
Surmonter l'anxiété
Jacques ne peut plus endurer ces étourdissements qui s'accompagnent de battements cardiaques rapides, d'une sensation d'étouffement et d'une crainte de perdre le contrôle. Son médecin lui assure qu'il n'a aucun problème physique. Il a tout de même peur de mourir. Après tout, ce n'est pas normal d'avoir ces sensations de faiblesse et d'engourdissement. Ses tremblements et son malaise abdominal l'inquiètent. Et que dire de cette transpiration abondante alors qu'il ne fait même pas chaud!
Jacques souffre d'anxiété. Ce n'est pas une maladie imaginaire. Sa souffrance est réelle. D'où provient cette anxiété? Certaines personnes naissent avec une plus grande sensibilité. Elles réagissent plus fortement que la moyenne aux situations menaçantes. Certains médicaments diminuent l'ampleur des symptômes anxieux. Concentrons-nous pour l'instant sur l'aspect psychologique de l'anxiété.
Certaines croyances nous rendent plus vulnérables aux effets de l'anxiété. Jacques est plus vulnérable aux symptômes de l'anxiété parce qu'il a un besoin excessif d'approbation. Il a été bouleversé pendant trois jours lorsque sa présentation au bureau a été critiquée par un des employés présents, même si les 11 autres l'ont félicité pour son travail. Il a également un besoin excessif de contrôle. Cela l'a amené à reprendre le travail de ses subalternes plutôt que de leur faire confiance. A la maison, cela l'amène à faire des rénovations lui-même plutôt que de tolérer que cela soit moins bien fait que ce qu'il souhaite. Il a finalement un besoin excessif d'être le meilleur, ce qui le met constamment en compétition avec tous les spécialistes de domaines qu'il n'a jamais étudiés.
L'anxiété est associée à un point de vue particulier qui nous porte à surestimer le danger et à sous-estimer nos capacités. Jacques s'imagine quotidiennement sur le point d'être congédié. Les gens anxieux brûlent ainsi beaucoup d'énergie à s'imaginer toutes sortes de choses catastrophiques en réagissant comme si elles étaient déjà en train de se produire.
Que faire? Vous pouvez combattre l'anxiété en remettant en question le point de vue qui y est associé. Voici quelques conseils.
* Observez vos pensées et vos images internes.
* Considérez vos pensées effrayantes comme de simples hypothèses.
* Semez le doute dans vos inquiétudes en adoptant un point de vue plus réaliste.
* Entrez en contact avec vos ressources internes et externes.
* Faites des hypothèses réalistes et positives comprenant la possibilité de réussite.
* Regardez avec ses yeux et écoutez avec ses oreilles plutôt qu'avec vos souvenirs ou votre imagination.
* Affrontez ce que vous craignez par petites étapes.
* Concentrez-vous sur la tâche que vous êtes en train d'exécuter. Évitez de vous demander l'impossible.
Jacques a repris le contrôle sur ses symptômes anxieux en constatant que ses malaises étaient désagréables mais inoffensifs. Ils s'atténuent lorsqu'il évite de leur accorder trop d'importance. Son médecin lui a prescrit une médication qui a ramené son anxiété à un niveau qu'il pouvait apprendre à contrôler. La médication a été par la suite diminuée progressivement. Il a eu recours à un intervenant en santé mentale afin de remettre en questions certaines de ses exigences trop rigides. Il prend maintenant le temps de pratiquer régulièrement une technique de relaxation. Jacques ressort de son traitement plus solide. Bien qu'il sache qu'il y aura toujours des événements inquiétants, il peut maintenant mieux gérer son anxiété.
Surmonter la colère
Maurice était convaincu de pouvoir régler cette dispute conjugale de la façon habituelle jusqu'à ce que Denise quitte la maison avec les enfants. Elle ne veut plus tolérer sa façon de parler fort, de serrer les poings et de faire des menaces.
Cela fait d'autant plus mal à Maurice qu'il doit admettre qu'il a été trop loin. La fessée qu'il voulait donner à son fils Pierre-Luc a été plus forte que prévue. Il ne se rendait plus compte de ce qu'il faisait. Comme il le regrette! Sa vie n'a plus de sens sans sa famille. Il veut vraiment changer.
Ce n'est pas d'hier que Maurice fait des colères. Enfant, il faisait des crises terribles lorsque les choses ne se produisaient pas comme il le souhaitait. Il n'a jamais appris à tolérer la frustration. Sa mère évitait de le contrarier, et son père faisait des colères encore pire que les siennes. Il a grandi avec l'impression que face aux situations désagréables, il faut réagir agressivement, sans quoi les gens en profitent.
Que peut faire Maurice pour surmonter sa colère? Il peut d'abord s'observer afin de mieux la comprendre. C'est ainsi qu'il se rend compte que certaines situations le font réagir d'une façon excessive. Il s'agit des situations où il a l'impression que son honneur est mis en cause. Derrière sa façade de dur à cuire, Maurice ne s'aime pas beaucoup. Il doute de lui-même au point de considérer la moindre contrariété comme un défi qui remet en question sa dignité. En apprenant à s'aimer, il aura moins souvent à se défendre inutilement.
Les gens sont plus vulnérables à la colère lorsqu'ils n'ont pas appris à s'exprimer avec des mots. Maurice a la mauvaise habitude de tout garder en dedans jusqu'à ce que tout explose. A d'autres moments, il n'ouvre la bouche que pour faire des critiques et donner des ordres. En développant ses capacités d'exprimer un peu plus souvent ce qu'il pense, ce qu'il ressent et ce qu'il souhaite, il établit un climat plus agréable autour de lui. Il a même surpris Denise au téléphone en lui faisant quelques compliments.
Maurice se rend également compte qu'il se fâche plus rapidement s'il est sous l'effet de l'alcool. Il évite donc d'en consommer dans les situations où il y a une forte tension émotionnelle. Il vaut mieux être à son meilleur pour régler les problèmes d'une façon efficace.
Rappelons ici que la colère est une émotion légitime qui a sa place chez tout être humain. Elle nous amène à réagir lorsque nos besoins de base sont frustrés. Elle nous donne de la force. Elle nous informe qu'il y a unedistance entre nos attentes et notre perception de la situation actuelle.
Nous considérons à tort ou à raison que quelqu’un ou quelque chose ne se comporte pas en accord avecnos croyances et avec notre système de valeurs et qu'ilstransgressent certaines de nos règles personnelles. Nous percevonsla situation comme une menace à un de nos besoins de base ou àune de nos valeurs importantes et nous sommes tentés de réagiragressivement dans le but de mettre fin à cette menace. Laperception d'une menace à l'estime que nous nous portons ou à unéquilibre que nous désirons maintenir est souvent le déclencheur dela colère. Nous nous sentons alors menacés, méprisés, insultés. Les gens remettent en question un aspect de notre vie que nousconsidérons important de protéger ou de défendre.
L’agressivité provient donc en partie de la conviction qu’il y a unévénement, une personne ou une chose qui est responsable denotre détresse et nous cherchons un moyen de corriger la situationou de soulager notre tension.
Cette émotions légitime peut parfois atteindre une ampleur excessive et avoir un effet destructeur. Une trop grande sensibilité personnelle ou des attentes irréalistes peuvent amener des perceptions erronées et des colères injustifiées. C'est le cas de Maurice.
Vous souhaitez surmonter la colère? Voici quelques conseils.
* Rappelez-vous de votre valeur comme personne.
* N'accordez pas d'importance à ce qui n'en a pas.
* Concentrez-vous sur ce qu'il y a à faire pour atteindre votre but.
* Apprenez à reconnaître les signes de colère dès qu'ils commencent à se manifester.
* Acceptez la frustration.
* Apprenez à vous détendre.
* Apprenez à exprimer verbalement vos insatisfactions et vos désirs.
* Présentez-vous aux situations particulièrement difficiles à votre mieux.
* Faites de votre mieux pour gérer votre propre comportement et renoncer à contrôler celui de l'autre.
Maurice peut maintenant tolérer un certain malaise sans en faire un drame. Il garde alors les lignes de communication ouvertes en écoutant attentivement le point de vue de l'autre pour éviter les malentendus. Denise apprécie ses efforts. Cela augmente leurs chances de pouvoir à nouveau partager leur vie.
Vieillir en santé mentale
De la naissance à la mort, on vieillit tous les jours d'un jour. C'est inévitable. Certains laissent le temps passer sans rien apprendre de leurs larmes, de leurs erreurs ou de leur souffrance. Ils se condamnent ainsi à revivre sans cesse les mêmes impasses, les mêmes frustrations et les mêmes désagréments. Vieillir en santé mentale, c'est profiter pleinement de chacune de ses expériences afin de développer:
Une relation positive avec soi-même
D'étranger à soi-même, nous devenons de plus en plus en contact avec l'essentiel de ce que nous sommes. Nous saurons mieux quand nous faire confiance. Nous pourrons nous rappeler nos bons coups et nos succès, et nous pardonner nos erreurs. Nous trouverons de nouvelles raisons de nous aimer. Vivre de plus en plus en accord avec nos valeurs nous évitera la culpabilité et la honte.
Des relations satisfaisantes avec autrui
Nous sommes tous d'éternels étudiants dans le domaine de l'amour. L'expérience de la vie amène toutefois à une meilleure capacité de comprendre l'autre et d'en tenir compte sans s'oublier. La capacité de s'engager évolue avec une meilleure compréhension des différentes options. Nous nous trouverons de nouvelles façons d'être intégré socialement. Il est réconfortant de pouvoir vieillir avec quelques vrais amis. En demeurant capable d'établir de nouveaux liens et de garder vivant toutes sortes de relations, nous éviterons la solitude.
Un point de vue nuancé
La vie apprend aux gens à adopter une attitude réaliste et nuancée quant à l'importance des situations, aux capacités personnelles, à l'énergie requise pour mener à bien un projet et à l'énergie disponible. La sagesse consiste peut-être à faire enfin la différence entre l'essentiel et le secondaire, les désirs et les besoins, l'avoir et l'être. Le fait de profiter des petits plaisirs de la vie malgré les désagréments et les contraintes contribuera à éviter les pièges associés à la rigidité.
L'autonomie
Nous apprenons à faire de notre mieux compte tenu du contexte et des ressources disponibles. L'autonomie n'est pas un absolu. Nous pouvons viser à être aussi autonome que nos ressources nous le permettent. Nous dépendons tous les uns des autres. Vieillir en santé mentale, c'est aussi apprendre à demander de l'aide lorsque c'est nécessaire. Le fait d'exercer pleinement nos capacités et de faire les choix qui nous reviennent nous évite les pièges de la dépendance excessive et prématurée.
Un état d'équilibre en mouvement
Même ceux qui ont atteint un état d'équilibre résistant au stress peuvent trébucher. Ils apprendront toutefoisà retrouver leur équilibre de plus en plus efficacement et même à progresser vers un nouvel équilibre plus satisfaisant. Nous sommes tous des projets en voie de réalisation, et une fois nos buts atteints, nous en créons d'autres. Différentes fonctions correspondent à différentes étapes de la vie. L'expérience est souvent associée à la compétence, à la reconnaissance sociale et à la transmission des connaissances aux nouvelles générations. Ce mouvement perpétuel nous évite la passivité.
L'accès aux émotions et à l'expression
Notre vie est parsemée de deuils. C'est l'histoire de nos attachements qui se font et se défont. L'accès à nos émotions nous permet de les vivre pleinement, puis de poursuivre notre route. Cette énergie nous fournit le courage d'exprimer notre point de vue, et d'occuper notre place. La capacité d'avoir accès au plaisir et au partage des émotions nous évite de nous dessécher.
La timidité
La timidité n'est ni une maladie ni un trait de caractère, mais un trouble bénin que beaucoup apprennent à surmonter avec l’expérience de vie. La timidité ne constitue pas un véritable handicap pour la plupart des gens.
Il y a des situations particulièrement intimidantes. Passer un examen, prendre la parole en public ou engager la conversation avec des inconnus n'est pas chose facile, surtout la première fois. Généralement, avec le temps et l'expérience, la confiance en soi augmente et la gêne disparaît. Car s'exposer, oser affronter le regard des autres, cela s'apprend.
Certains s'initient tout naturellement aux interactions sociales. Les timides réussissent en général à mener une vie en apparence satisfaisante et souvent organisée de manière à éviter les situations embarrassantes. L’évitement leur permet de camoufler, derrière une froideur ou un désintérêt apparent, une hypersensibilité au jugement d’autrui.
C’est lorsque l’intensité de la réaction émotive interfère significativement avec le fonctionnement de la vie sociale de l'individu que l’on parlera de phobie sociale et qu’il faudra penser à un traitement psychologique.
Lorsqu'elle est occasionnelle et limitée, la timidité n'empêche pas de vivre heureux. C'est le cas d'une personne qui se trouve à l'aise avec sa famille, ses amis, un entourage professionnel familier, et se plaît dans ce cadre rassurant. Même si elle éprouve des craintes face aux inconnus, elle s'arrange, dans la mesure du possible, pour ne pas y être confrontée. Plus difficile à gérer est la timidité chronique et généralisée. Celle-là témoigne d'un malaise intérieur et de difficultés relationnelles qui entravent douloureusement tout épanouissement personnel.
Peu causant, Claude ne dérange personne. Conciliant, il se plie aux désirs de ses proches, dans le privé comme au travail, car il n'a qu'une obsession: être aimé. Mais en se réfugiant dans la passivité par peur de déplaire ou de ne pas se montrer à la hauteur, il se condamne presque à coup sûr à l'isolement.
Claude s'étonne: pourquoi les autres le rejettent-ils alors qu'il est prêt à toutes les concessions, qu'il préfère le silence au conflit, qu'il cherche constamment à faire plaisir? Tous ses sacrifices seraient-ils inutiles? Qu'y a-t-il de mal à être gentil? Comment expliquer que certains de ses collègues brusques et insensibles ont plus de succès que lui avec les femmes?
Incapable de nouer d'authentiques amitiés, fréquemment déçu en amour, Claude en vient à se replier sur lui-même et à fuir les contacts. Il se sent incompris et victime d'un destin injuste.
Claude craint les autres dont il souhaite tant être reconnu. Et plus les autres sont nombreux, plus il se sent menacé. Le pire, pour lui, ce sont les soirées en société.
Malgré ses efforts et la lecture de quelques livres sur le sujet, Claude se demande sans cesse si ce qu’il fait est bien, quelle impression les autres ont de lui, s’il auraît dû faire les choses différemment, comment les gens vont réagir à ses faits et gestes.
Il a toujours l’impression d’être jugé, d’être sur la sellette. Un regard, un sourire, un silence, et il se retrouve déstabilisé. À chaque fois, il a l’impression de passer un examen, d’être coupable de quelque chose.
Christophe André et Patrick Légeron, psychiatres à l'Hôpital Sainte-Anne à Paris analysent dans leur livre La Peur des Autres (Editions Odile Jacob, 1998) le trac, la timidité et d'autres formes d'anxiété sociale, dont ils décrivent les manifestations psychologiques les plus fréquentes:
* Appréhension à se retrouver en point de mire de la part d'autrui; se sentir observé, se croire évalué, penser que cette évaluation est négative.
* Perception excessive de sa vulnérabilité: se sentir fragile, transparent aux yeux d'autrui, peu apte à se protéger, à se défendre, maladroit pour se contrôler et contrôler la situation, peu performant.
* Autodévalorisation importante de ses propres comportements sociaux, même adaptés.
* Surévaluation des exigences existant dans une situation ou une relation donnée.
* Sentiment d'une agressivité latente ou potentielle de la part d'autrui: les autres sont plus puissants, plus compétents, et peuvent agresser en paroles ou en actes.
* Hypervigilance portée à ses propres manifestations d'anxiété.
La timidité, selon ces auteurs, est un type particulier d'anxiété sociale non pathologique, "exprimant une manière d'être durable et habituelle, marquée par une tendance prononcée à se tenir en retrait et à éviter de prendre l'initiative dans tout type de situation sociale, une gaucherie lors des interactions sociales, malgré un désir relatif de se confronter à certains échanges." La timidité n'exclut pas des capacités d'adaptation, comme en témoignent de nombreuses personnalités du spectacle ou des médias qui racontent comment ils ont surmonté leur timidité en choisissant une profession les poussant à affronter ce qui les angoissait.
Les personnes timides prennent moins souvent la parole que les autres, sourient moins, regardent moins dans les yeux, mettent plus longtemps à répondre ou à relancer la conversation; les temps de silence sont plus fréquents dans leurs discours. Leur registre de mimiques et d'expressions est moins riche.
Les thérapies cognitivo-comportementales proposent des techniques qui permettent d'affronter progressivement les situations redoutées tout en travaillant sur les pensées négatives qui sont à l'origine de la timidité. Nous verrons quelques unes de ces techniques plus loin dans ce texte.
La vie sentimentale, sociale et professionnelle des timides est marquée par les occasions perdues et aboutit souvent à la solitude.
Si nous nous imposons certains actes par peur du jugement d'autrui, et surtout par la peur de ne pas être toujours "aimables", nous empruntons des rôles successifs qui nous font perdre de vue qui nous sommes. (Catherine Bensaï, 1992). Ces rôles nous rendent étrangers à nous-mêmes. Ils nous coupent de l'essentiel de ce que nous vivons. Il ne reste que le vide et la crainte d'être démasqué. A force de ne rien laisser passer de leurs émotions, de leurs idées personnelles, comment les timides pourraient-ils découvrir ce qu'ils tiennent si fortement caché? Pensant que "de toutes les façons les autres n'ont pas de temps à perdre à écouter leurs histoires", il leur semble plus naturel de faire partie de ceux qui écoutent que de ceux qu'on écoute.
Personne ne peut se sentir bien s'il est confronté à un sentiment d'inexistence; il n'y trouve que solitude et un profond désarroi. Dans cette méconnaissance de lui-même, dans cette non-réalisation, il est plus que jamais la proie du désir d'autrui: il n'existe plus que dans le regard des autres, seuls capables alors de lui donner vie. Il serait préférable que nous laissions s'exprimer davantage nos sentiments et nos pensées, parce qu'en les disant nous pouvons mieux les connaître, et qu'ainsi nous donnons la chance aux autres de nous reconnaître pour ce que nous sommes.
Parler, c'est prendre un risque. Risque d'être désapprouvé, d'entrer en conflit, de montrer ses faiblesses. Pire, d'être blessé. Mais parler, c'est aussi et surtout une chance: de dialoguer, d'approfondir la relation avec l'autre, de se montrer tel qu'on est... et même d'être apprécié!
LA COMMUNICATION AFFIRMATIVE:
Communiquer d'une façon non affirmative, c'est ne pas reconnaître ses propres droits, ne pas exprimer d'une façon claire et honnête ses sentiments, ses pensées ou ses façons de voir. Par conséquent, c'est permettre aux autres de ne pas me respecter. C'est donc montrer un manque de respect de soi et parfois aussi, un manque de respect de l'autre, en ne reconnaissant pas qu'il peut accepter des opinions contraires aux siennes, qu'il peut prendre ses responsabilités et s'occuper lui-même de ses propres problèmes. Le but du comportement non affirmatif est d'apaiser l'autre et d'éviter les conflits à tout prix.
Le message que l'on communique quand on est non affirmatif, c'est le suivant: "Je ne suis pas important; tu peux profiter de moi. Ne t'occupes pas de mes sentiments, seulement les tiens sont importants. Mes pensées ne sont pas importantes. Cela ne vaut pas la peine que tu t'occupes de moi. Je ne suis rien; tu m'es supérieur."
Communiquer de façon affirmative consiste à défendre ses droits personnels tout en respectant les droits de l'autre. C'est exprimer ses pensées, ses sentiments et ses façons de voir d'une façon honnête et appropriée en voulant connaître les sentiments, les pensées et les façons de voir de l'autre.
S'affirmer implique donc deux (2) types de respect:
- le respect pour soi-même en exprimant ses besoins et en voulant défendre ses droits
- le respect pour l'autre en respectant les besoins et les droits de l'autre.
Le message de base qui indique le respect de soi, c'est le suivant: "Voici ce que je pense. Voici ce que je ressens. Voici comment je vois la situation." Le message de base qui indique le respect de l 'autre, c'est le suivant: "Je suis prêt à écouter et à essayer de comprendre ce que tu penses, ce que tu ressens et comment tu vois la situation."
Une des raisons majeures pour apprendre à communiquer et à se comporter de façon affirmative, c'est que cela accroît le respect de soi-même. Le concept de soi s'améliore en effet chez des gens qui participent à un groupe d'affirmation de soi.
Les gens qui apprennent à s'affirmer ont davantage confiance en eux et ont moins besoin d'être approuvé par les autres. Parfois, on a peur de s'affirmer parce qu'on a peur de perdre l'approbation des autres. C'est comme si l'on disait: "Je ne peux pas vivre sans l'approbation des autres". Ce que l'on oublie, c'est qu'en ne s'affirmant pas, on ne peut, de toute façon, se garantir l'approbation des autres. Les gens peuvent avoir pitié de quelqu'un qui ne s'affirme pas, mais pas nécessairement l'approuver.
De plus, cette pitié peut facilement se transformer en irritation et en rejet. Apprendre à communiquer de façon affirmative peut accroître la confiance en soi, ce qui nous rend moins insécure, moins vulnérable.
Les individus qui ont de la difficulté à s'exprimer dans plusieurs situations et avec plusieurs personnes disent qu'ils ont un sentiment de faible estime de soi, de dépression, de grande anxiété dans leurs relations avec les autres. Elles se sentent non appréciées, utilisées par les autres, exploitées. Elles ont des manifestations somatiques, tels que maux de tête, douleurs à l'estomac, etc... .
LES COMPORTEMENTS PASSIF, MANIPULATEUR, AGRESSIF ET AFFIRMATIF:
Le comportement passif:
Le comportement passif se caractérise par le fait que l'individu ne respecte pas ses propres besoins et sentiments. Il les oublie complètement au profit des autres. Il va tout accepter des autres sans rien demander pour lui-même. Il ne communique pas ses besoins et ses sentiments et s'emploie uniquement à satisfaire ceux des autres. Le message communiqué est alors le suivant: "Je ne suis pas important, tu peux profiter de moi".
Évidemment, un tel comportement permet difficilement de prendre des initiatives, de réaliser ce que nous voulons et d'atteindre des buts personnels. C'est donc un comportement inefficace. La personne qui a un comportement passif laisse les autres décider de ce qu'elle fera. Un tel comportement produit souvent des sentiments de malaise et de frustration qui conduisent à la dépression, l'anxiété ou même la colère. L'individu qui ne satisfait pas ses besoins se sent souvent déprimé, ou encore il a peur d'affronter les autres de crainte qu'ils ne lui fassent trop de demandes, ou encore il devient agressif parce qu'il est débordé par les demandes qu'il ne peut satisfaire et il va alors manifester cette agressivité face à un inférieur.
Le comportement manipulateur:
La personne manipulatrice ne manifeste pas de respect face aux droits et besoins d'autrui et ne répond qu'à ses propres besoins et sentiments. Cette personne déguise facilement ses besoins en beaux principes qu'il oblige les autres à suivre: tu dois travailler plus, tu dois être une bonne mère et t'occuper de ton enfant, tu dois économiser plus ... Mais, en fait, sous ces beaux principes, il ne cherche qu'une chose: que les autres satisfassent ses besoins. Pour obtenir ce qu'elle veut, elle va tenter de culpabiliser l'autre, de le rendre anxieux, de menacer, de le rejeter.
Un tel comportement est souvent efficace pour atteindre un but, si ce but est habilement camouflé et si les autres sont passifs et ne se rendent pas compte de la manipulation. Mais, il en résulte facilement un sentiment de malaise chez les autres qui se rendent compte après coup qu'ils n'ont pas été respectés, qu'ils se sont "fait avoir".
Le comportement agressif:
Contrairement à la personne passive, qui oublie ses droits et ses besoins, l'individu agressif ne voit pas ceux des autres. Il refuse aux autres le droit de satisfaire leurs besoins, un peu comme le manipulateur. Mais, contrairement au manipulateur, il communique très clairement et directement ses propres besoins et sentiments. Cependant, comme il ne tient pas compte de ceux des autres, il ne communique pas d'une façon appropriée et à un moment qui lui permettrait de s'entendre avec les autres. Le message de base est alors le suivant: "Voici ce que je pense; tu es stupide de penser autrement. Voici ce que je veux; ce que tu veux n'est pas important. Voici ce que je ressens; je me "fous" de tes sentiments".
Ce comportement peut être efficace pour atteindre un but s'il produit de la crainte chez les autres et les amène ainsi à se soumettre. Mais il peut aussi produire la colère chez les autres qui vont réagir et rendre le comportement inefficace. L'individu agressif se retrouve souvent seul et déprimé.
Le comportement affirmatif:
Le comportement affirmatif consiste en une façon d'exprimer ses besoins et sentiments tout en tenant compte des droits d'autrui. La personne qui manifeste un tel comportement communique clairement, calmement et au moment approprié, pour qu'il y ait possibilité d'entente.
Un tel comportement est généralement efficace pour atteindre un but parce qu'il permet des compromis et vise à la satisfaction et au respect de soi et des autres. Il en résulte des sentiments positifs et libérateurs pour soi comme pour les autres, qui sont même plus importants que le fait de toujours atteindre les buts désirés.
Enfin, remarquons que nous avons des comportements différents d'une situation à une autre. Nous pouvons être passifs vis-à-vis de certaines personnes et agressifs vis-à-vis d'autres, manipulateurs avec certains et affirmatifs avec d'autres. Nos enfants, nos parents, nos amis, nos patrons peuvent susciter tous des réactions différentes. De même, avec une même personne, nous sommes souvent différents d'un moment à l'autre; par exemple, nous pouvons être affirmatifs lorsqu'il veut nous emprunter un objet dont nous avons besoin, agressifs quand il nous dérange dans un travail, passifs s'il nous critique et manipulateurs quand nous voulons lui emprunter de l'argent.
Comment avons-nous appris à nous comporter comme nous le faisons?
Le comportement affirmatif est un comportement appris.. Certaines personnes ont été punies lorsqu'elles s'exprimaient (punition). D'autres ont été encouragées à se soumettre et à dire oui quand elles voulaient dire non (renforcement). Parfois la punition du comportement affirmatif et le renforcement du comportement non affirmatif apparaissent en même temps (punition et renforcement). Le fait qu'un comportement ne soit pas apprécié ou manifesté par les personnes importantes qui nous entourent quand on grandit est un autre facteur important (modelage). D'autres encore n'ont pas eu l'occasion de développer leurs comportements affirmatifs parce qu'ils étaient isolés ou surprotégés (pas de mise en situation). Mentionnons également les facteurs culturels au coeur desquels on trouve les modèles traditionnels masculins féminins, encourageant les femmes à être passive et les hommes à être agressifs. Les gens ne sont pas au courant de leurs droits.
COMMENCER ET MAINTENIR UNE CONVERSATION
La plupart du temps, ce qui vous empêche de commencer une conversation avec quelqu'un, c'est 1) l'anxiété., 2) ne pas être certain si l'autre veut parler avec vous ou 3) ne pas savoir comment commencer.
En ce qui concerne l'anxiété, disons qu'il vous faut changer l'anxiété paralysante en une anxiété stimulante, apprendre à avoir des pensées constructives et des comportements plus efficaces et cesser d'éviter des situations à cause de votre anxiété.
Le deuxième point concerne le fait que vous pouvez vous empêcher de commencer une conversation parce que vous vous demandez si l'autre veut vraiment parler avec vous. Pour résoudre ce problème, il vous faut devenir un bon observateur des caractéristiques verbales et non verbales de l'autre, indices qu'il veut ou non engager une conversation. Quels sont ces indices?
En général, une personne qui ne veut pas parler va sourire très peu, avoir un regard plutôt hostile ou ne pas vous regarder, être tendue, nerveuse, avoir une voix dure, répondre très brièvement et "sèchement" à vos questions et ne pas poser elle-même de questions.
Par contre, une personne qui a le goût de parler avec vous va sourire, avoir un regard, une voix et des gestes chaleureux, accueillants, répondre à vos questions en donnant de l'information sur elle-même et poser elle aussi des questions.
À partir de ces signaux (et peut-être de d'autres que nous vous encourageons à découvrir), vous pouvez savoir si une personne est prête à parler avec vous et décider si oui ou non vous allez commencer ou continuer une conversation avec cette personne.
Le troisième point qui pourrait vous empêcher de commencer une conversation, c'est de ne pas savoir comment commencer.
Vous pensez peut-être que, pour ne pas avoir l'air stupide, il faut commencer une conversation en disant quelque chose de très profond ou de très drôle ou de très intéressant. Au contraire, nous croyons que les premières phrases que vous dites ont assez peu d'importance. L'important, c'est de montrer à l'autre que vous êtes intéressé à parler avec lui (ou elle) et à le (la) connaître davantage. Alors, ne craignez pas d'employer des clichés du genre: "Il fait beau aujourd'hui" ou "Avez-vous déjà vu autant de neige?".
Servez-vous de la situation qui est commune aux deux: "Il y a vraiment beaucoup de monde à ce spectacle" ou "J'aime bien ce magasin, mais il n'y a pas beaucoup de vendeurs pour nous aider" ou "Puis-je vous aider à porter vos paquets?".
De plus, tentez d'utiliser l'information que vous possédez sur l'autre personne, ce que vous voyez de lui (ou d'elle). Par exemple, vous êtes devant une personne qui tient dans ses mains un livre sur la musique; alors vous pouvez lui dire: "Je remarque que ,vos avez un livre sur la musique. C'est un sujet qui vous intéresse?". Ensuite, quant "la glace est cassée" et que vous avez observé que l'autre est d'accord pour parler avec vous, vous pouvez graduellement devenir plus personnel.
Les principaux comportements verbaux qui nous permettent d'entrer en contact avec quelqu'un et de maintenir la conversation sont les suivants:
1. Poser des questions ouvertes.
2. Écouter l'autre d'une façon active.
3. Donner de l'information sur soi.
4. Utiliser l'information que l'autre nous donne sur lui-même.
Poser des questions ouvertes.
Les questions ouvertes sont des questions qui amènent des réponses autres que "oui" ou "non". Ce sont des questions qui commencent par "pourquoi", "qu'est-ce que" ou "qu'est-ce qui", "comment", etc.... Par exemple, si vous demandez à quelqu'un "Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui?", la réponse sera sans doute plus longue si vous lui demandez "As-tu travaillé aujourd'hui?". Un autre exemple d'une question ouverte:
"Qu'est-ce que tu trouves le plus intéressant dans tes études?" ou encore "Comment en es-tu arrivé à t'intéresser à ce domaine d'études?" au lieu de "Trouves-tu tes études intéressantes?". Un autre exemple: "Où es-tu allé pendant tes vacances?" au lieu de "As-tu passé de belles vacances?".
Comment se motiver?
Susciter l'espoir en soi et autour de soi.
Comment avez-vous réussi à vous lever du lit ce matin? Pensez-y quelques instants. Qu'est-ce qui se passe aux premiers moments de la journée? Comment réussissez-vous à vous motiver à sortir du lit? Ce n'est pas une question sans importance. Certains n'y réussissent pas et perdent leur emploi.
Yvonne se sort du lit sans problème parce qu'elle s'y sent mal dès qu'elle est éveillée: courbatures, maux de dos, maux de tête, etc. Elle se lève pour fuir une situation désagréable.
Vincent se lève parce qu'il a faim. Il se dirige vers la satisfaction d'un besoin pressant, empli de l'image du déjeuner qu'il va prendre, du souvenir du goût et de l'odeur des rôties et du café. Il se lève pour satisfaire un besoin agréable et goûte déjà par anticipation les plaisirs du déjeuner.
Thomas se lève lorsqu'il imagine les désagréments associés à un retard au travail. Il imagine les gens de son milieu le critiquer ou le regarder d'un regard réprobateur, et se lève en préférant faire cet effort plutôt que d'affronter pareille réprobation. Il choisit un inconfort pour en éviter un autre.
Suzanne se lève en se disant des paroles encourageantes sur ce qu'elle va faire au cours de la journée. C'est en se rappelant ses projets qu'elle se met en route.
Roland se dépêche de se lever pour se débarrasser de toutes les choses désagréables qu'il sait qu'il a à faire. Il aborde sa journée comme une montagne de choses désagréables et plus tôt il commencera à pelleter, plus rapidement cette montagne sera éliminée.
Il y a toutes sortes de façons de se mettre en mouvement le matin. Il n'y a pas une façon universelle de le faire. Nous sommes tous différents. Il peut être très utile d'identifier son propre style de motivation. Nous aurons alors à choisir entre l'utilisation systématique d'une stratégie qui fonctionne bien et le développement de nouvelles stratégies plus souples ou plus agréables. Il est toujours plus agréable d'avoir le choix.
Bien que théoriquement il semble plus agréable de se motiver par une motivation positive, par exemple en allant vers la satisfaction de nos besoins plutôt qu'en fuyant la souffrance ou en évitant la punition, mieux vaut accepter de se connaître tel que l'on est. Certaines stratégies peuvent nous être utiles à ce moment-ci de notre vie. Nous pourrons en développer d'autres progressivement si c'est notre choix.
Souvenez-vous des moments où vous vous mettez en mouvement et retournez-y en imagination. Comment vous levez-vous le matin? Comment vous mettez-vous au travail? Comment vous décidez-vous à faire des réparations? Comment vous décidez-vous à faire l'épicerie? À acheter des cartes et des cadeaux?
Est-ce que vous utilisez des images intérieures? Est-ce que vous vous voyez en train de faire quelque chose ou est-ce que vous voyez les choses comme si vous étiez en train de les faire? Est-ce que vous voyez la situation en couleur? En trois dimensions?
Est-ce que vous vous parlez? Est-ce que vous vous dites ce qu'il faut faire? Est-ce que vous imaginez les commentaires des gens?
Est-ce que vous anticipez le plaisir ou le malaise associé à une situation? Est-ce que vous imaginez comment vous vous sentirez dans la situation? Est-ce que vous ressentez déjà l'inconfort associé au fait de ne pas agir?
Que vous soyez motivé par des images, des sons ou des sentiments, par les odeurs ou les sensations tactiles, vous pouvez en venir à utiliser votre propre style de fonctionnement pour vous adresser à vous-mêmes.
Observez-vous. Intéressez-vous à vous-mêmes. C'est la meilleure façon de découvrir votre propre mode d'emploi.
Nous allons aborder dans les pages qui suivent les stratégies de motivation que nous souhaitons que vous utilisiez. Il ne s'agit pas d'une religion. Évitez de sombrer dans l'obsession, dans l'excès et dans la rigidité. Rappelez-vous que vous êtes seulement à la recherche d'une façon efficace de vous mettre en marche. Vous pourrez retenir ce qui vous convient et l'utiliser à votre façon, dans votre propre style, pour atteindre vos propres buts.
1. Porter attention aux signaux en soi et autour de soi.
La première étape de la motivation est toujours associée à une sorte de déséquilibre. Il n'y aura pas de mouvement s'il n'y a pas de déséquilibre. Notons toutefois que notre organisme, laissé à lui-même, crée constamment du déséquilibre. C'est ainsi que la faim et la soif émergent et réclament notre attention. Une fois ces besoins satisfaits, d'autres émergent, puis une fois ces nouveaux besoins satisfaits, encore d'autres. C'est une roue qui tourne sans fin, souvent sans que nous en ayons conscience.
Pour toutes sortes de raisons, entre autres parce qu'il y a tellement de choses qui sollicitent notre attention, nous en venons parfois à nous "débrancher" de nos besoins et de nos malaises. Notre capacité à nous motiver s'en ressent. Pour se mettre en marche, se motiver, demandez-vous donc d'abord s'il y a des signaux (événements, sentiments, pensées ou actions) indiquant que certains besoins ou désirs sont en jeux. Nos désirs, nos souhaits et nos insatisfactions s'expriment de toutes sortes de façons différentes. Nous avons avantage à porter attention à ces signaux.
Cela peut vous amener à identifier une situation que vous pourriez améliorer, un problème à résoudre, un malaise chez vous ou chez des gens importants de votre entourage que vous souhaiteriez soulager. La réaction des gens autour de vous peut en effet vous connecter avec un déséquilibre de votre vie qui les affecte sans que vous ne vous en rendiez compte. Une fois que vous l'aurez constaté, il vous reviendra toutefois de vérifier s'il constitue un déséquilibre que vous souhaiter modifier ou non.
Posez-vous la question suivante:
Qu'est-ce qui ne va pas dans la situation actuelle?
Les émotions désagréables que vous ressentez peuvent vous aider à identifier les besoins insatisfaits et les problèmes à résoudre. En sachant quand vous êtes tendu ou stressé, vous pouvez identifier le domaine de votre vie qui a besoin d'être réaménagé. Il arrive toutefois que ce soit l'absence de sensations qui attire l'attention. Ce fut le cas de Nicole qui remarqua que sa vie sexuelle ne l'intéressait plus ou encore de Michel qui fit la même constatation pour son travail.
Quand avez-vous rit pour la dernière fois? Quand avez vous eu du plaisir pour la dernière fois? Quand vous êtes vous senti satisfait ou heureux pour la dernière fois? L'absence de plaisir peut constituer un des signaux indiquant qu'il y a un déséquilibre dans votre vie. C'est lorsque son ami Martin lui fit remarquer qu'il ne riait plus comme avant au travail que Lucien constata qu'il était envahi par le travail.
C'est en relisant son journal que Lise constata jusqu'à quel point elle tenait des propos tristes et pessimistes. Cela lui permit de constater que sa vie était insatisfaisante et qu'il y avait un déséquilibre.
Observez-vous. Regardez-vous tel que vous êtes, et non tel que vous souhaiteriez être, ou tel que vous imaginez qu'il faut être. Au besoin, demandez aux gens de votre entourage de vous donner de l'information sur ce qu'ils voient de vous. Cela pourra vous aider à vous former une idée plus complète et plus réaliste de votre situation actuelle.
Identifier la présence de signaux d'insatisfactions est une première étape importante pour se mobiliser vers une action efficace.
2. Entrer en contact avec l'importance de la situation.
Demandez-vous si le déséquilibre, le désir ou le besoin que vous avez identifié est d'importance. Qu'est-ce qui risque de se produire éventuellement si ce problème se maintient ou augmente? Quels sont les besoins de base menacés par cette situation? Quels sens ces signaux ont-ils?
Face aux signaux que vous avez identifiés à l'étape précédente, demandez-vous:
Est-ce important?
L'évaluation de l'importance de l'insatisfaction peut vous aider à vous mobiliser. Notons que votre évaluation de l'importance des besoins en jeux dépend souvent de vos attentes. Il s'agit donc d'une occasion de faire le point sur la distance qu'il y a entre vos attentes ou vos souhaits et la réalité. L'évaluation de l'importance de la souffrance peut aussi vous mobiliser pour un aménagement à long terme de notre vie si vous constatez que ce problème ne réagit pas aux solutions à court terme. L'évaluation de l'importance relative de différents problèmes vous aidera à faire des choix et de s'intéresser au plus important.
Rappelez-vous que la répétition d'un faible stress peut avoir un impact important sur votre vie. Mère de trois enfants en plus de s'occuper de sa mère aveugle, Julie n'évaluait jamais les situations individuelles de sa vie familiale comme très stressante, mais elle a dû constater qu'en s'additionnant, ces petits efforts prenaient de l'importance.
Nous pouvons évaluer l'importance de notre souffrance en nous référant à notre façon d'être habituelle. Référez-vous à une mesure interne de 0 à 100, 100 représentants la plus grande importance que peut avoir une situation et 0 la plus petite. Demandez-vous à l'occasion jusqu'à quel point les préoccupations qui vous passent par la tête sont importantes selon cette échelle interne. Cela vous aidera à différencier ce qui mérite une action de ce qui peut être considéré comme sans importance. Vous aurez plus d'énergie à consacrer à l'essentiel.
Nous pouvons également évaluer l'importance de notre problème en nous référant ce que vivent d'autres personnes dans une situation semblable à la nôtre. C'est ainsi que vous pouvez découvrir par exemple que vous réagissez d'une façon excessive à l'autorité alors que les autres se débrouillent bien dans ces situations.
Nous pouvons aussi évaluer l'importance de notre problème en nous laissant imaginer son évolution dans le temps. Demandez-vous ce qui se produira dans trois mois, six mois, un an, cinq ans, dix ans si ce problème continue à évoluer? Qu'est-ce qui risque de se produire de désagréable si rien ne change?
3. Clarifier son but
Qu'est-ce que je veux obtenir? Quel est mon objectif? Qu'est-ce que souhaite obtenir? Comment saurai-je que mes efforts ont été couronnés de succès? Qu'est-ce qui constituerait une augmentation significative de la qualité de ma vie?
Demandez-vous:
Qu'est-ce que je recherche précisément?
Évitez les objectifs trop généraux tel qu'"être heureux". Spécifiez ce que signifie pour vous être heureux et comment précisément vous pourriez augmenter vos chances de l'être un peu plus.
Les buts généraux peuvent être ramenés à des buts spécifiques. Préciser un but concret ramène les attentes à un niveau réaliste et mobilise l'énergie dans une direction positive. Le but final peut vous servir de phare qui guide notre route. Pensez au malade qui prend la peine d'apprendre comment mieux gérer sa douleur et ses symptômes mais qui continue aussi à investir dans les comportements de santé qui augmentent ses chances d'avoir accès à une grande qualité de vie.
Fixez-vous des objectifs réalistes. Vous aurez plus de chance de les atteindre et d'éviter la frustration.
Faites-vous une image claire des étapes par lesquelles vous aurez à passer et identifier des évidences qui vous feront savoir que vous progressez sur cette route, et qui vous feront constater que vous êtes arrivé à votre but.
Soyez fier de vos efforts en cours de route. Vous n'êtes pas obligé d'attendre d'être arrivé à votre but avant de constater la valeur de vos efforts. Prenez plaisir au trajet.
Si vous ne réussissez pas à vous faire une représentation interne d'un but réaliste, c'est probablement que vous avez besoin de plus d'information sur les différents chemins que vous pouvez prendre pour satisfaire vos besoins.
4. Déterminer l'existence de solutions
Y a-t-il quelque chose à faire? Existe-t-il des solutions à cette situation? Y a-t-il une possibilité réelle de changer la situation et de résoudre le problème?
Demandez-vous maintenant:
Y a-t-il quelque chose à faire?
Mobilisez votre capacité de raisonnement. Certaines solutions demandent qu'on fragment le problème en petits morceaux.
Recherchez de l'information de qualité afin d'avoir le plus de choix possible devant vous. Lisez. Faites une enquête auprès de votre entourage, au besoin auprès de professionnels. Explorez comment ceux qui ont résolu ce problème s'y sont pris. Devenez un explorateur qui veut en savoir le plus possible sur les différents chemins qui se trouvent devant lui.
Rappelez-vous que vous n'êtes pas à la recherche d'une solution gratuite, disponible instantanément, sans effort et sans contrainte. Vous aurez probablement à choisir parmi un nombre limité de possibilités. Ces possibilités étant parfois toutes désagréables, vous aurez à choisir celle qui l'est le moins.
5. Entrer en contact avec ses capacités personnelles d'appliquer une des solutions
Est-ce que je suis personnellement capable d'appliquer les solutions envisagées? Quelqu'un de mon entourage peut-il faire ce qu'il y a à faire pour régler ce problème? Puis-je acquérir les habiletés nécessaires, apprendre ce qu'il faut apprendre pour régler ce problème?
Demandez-vous:
Est-ce que je suis capable de le faire ?
Certaines solutions hypothétiques sont inaccessibles pour des raisons financières ou parce que vous n'avez pas les ressources nécessaires. Il est préférable de bien connaître vos capacités et vos limites.
Même si vous aviez les capacités d'agir, il est de première importance d'être en contact avec vos capacités personnelles face à la tâche à accomplir, sans quoi vous risquez de ne pas y mettre l'énergie requise et d'abandonner rapidement face aux difficultés.
Notre mémoire conserve le souvenir de nos capacités et de nos solutions antérieures. Cela peut aider de réviser ce que l'on a déjà fait dans des situations semblables.
On augmente nos chances de se sentir capable de faire les premiers pas lorsqu'on prend la peine de s'assurer que ces premiers pas sont plutôt faciles. Ne cherchez pas à monter sur l'édifice de trois étages d'un seul coup: cherchez l'escalier.
Structurez la tâche de façon à favoriser votre succès. En commençant par vous attaquer à des problèmes plus faciles à résoudre, vous pourrez augmenter votre confiance en vos capacités et passer aux problèmes plus importants avec plus de détermination. Prenez d'abord un minimum de risque pour un maximum de succès.
Identifiez les ressource pertinentes en vous et autour de vous. Cela vous évitera de sous-estimer vos capacités et celles auxquelles vous avez accès.
Choisissez de douter de vos hypothèses extrémistes et répétitives. Dites-vous que ce ne sont que des hypothèses. Donnez-vous la permission d'expérimenter et d'explorer personnellement l'univers. Cela augmentera vos chances de découvrir de nouvelles ressources en vous, et de nouvelles façons de faire les choses.
Parmi nos capacités se trouvent celles d'apprendre, de se trouver un modèle ou d'avoir recours à des professionnels au besoin.
Rappelons le fait que vous avez probablement déjà une stratégie privilégiée de motivation personnelle. Vous pouvez vérifier de quelle façon vous pourriez l'utiliser dans cette situation ou s'il est préférable d'élargir votre répertoire de stratégies de motivation en essayant autre chose.
6. Situer l'effort actuel sur le chemin qui mène vers son but
Est-ce que je vois le lien entre ce que je dois faire et le but que je veux atteindre?
Demandez-vous:
Est-ce que je juge l'effort requis pertinent?
Pourquoi feriez-vous quelque chose si vous ne croyez pas que cela sera efficace? Assurez-vous de bien comprendre en quoi l'effort requis est pertinent dans la recherche de votre propre but.
Faites-vous une carte mentale qui illustre les étapes à suivre, le lien entre ce que vous faites et votre but, ainsi que le chemin qu'il vous reste à parcourir.
Les efforts à courts termes sont reliés plus facilement dans notre esprit au but poursuivi. Les efforts déployés sur une longue période de temps nous amènent parfois à perdre de vue notre but. Vous serez plus motivés à poursuivre ce que vous considérez comme une façon efficace de vous rapprocher de votre but. Faire le point régulièrement sur la direction de vos efforts vous évitera de vous perdre ou de vous épuiser. Les changements constants dans votre vie justifient le fait de faire le point régulièrement.
7. Comparer l'estimation des efforts à fournir avec celle des ressources disponibles
Est-ce que j'ai toute l'information nécessaire sur l'effort à fournir? Est-ce que j'ai l'impression que cela va me demander plus d'énergie, d'efforts ou d'argents que je peux en fournir?
Demandez-vous:
Est-ce que j'ai une bonne estimation des efforts à fournir?
Faites un inventaire de votre énergie, de vos ressources financières, de votre endurance.
Demandez-vous comment vous avez procédé pour évaluer l'énergie qu'il y aura à fournir. D'où vient mon information? Si vous surestimez l'effort à fournir, vous ne ferez rien. Si vous sous-estimez l'effort requis, vous abandonnerez rapidement.
Si vous imaginez le pire, rappelez-vous qu'il s'agit d'une hypothèse et faites-en d'autres.
S'il vous manque d'information, allez en chercher.
Faites-vous un inventaire de ce qui est disponible, et une prévision de ce que vous aurez à faire. Cela peut vous demander un petit effort et vous rendre un peu plus anxieux à l'idée de ce qu'il vous faudra affronter, mais rappelez-vous que vous êtes déjà en train de résoudre ce problème en y pensant d'une façon constructive à l'avance. Tant que vous avez la sensation de vous préparer, continuez. Si vous constatez que vous tournez en rond sans que cela vous aide à vous préparer à affronter la situation, coupez vos pensez et passer à autre chose.
Le fait de faire une enquête auprès de personnes qui ont vécu ce que vous entreprenez peut vous permettre d'avoir en tête un plan réaliste.
Préparez-vous à réviser votre plan et vos attentes à chaque fois que vous aurez une nouvelle information fiable. Tout ce qui est vivant change constamment.
8. Faire place au passé puis remettre le passé à sa place
Notre mémoire contient certains souvenirs désagréables associés à la situation actuelle. Il vaut mieux faire temporairement place à ces souvenirs et à notre passé afin d'éviter d'être immobiliser par de vieilles craintes. L'importance que l'on accordera au passé dans cette situation dépendra de son poids dans la balance du présent.
Demandez-vous:
Est-ce que j'ai déjà vécu des expériences qui diminuent ma motivation?
Faites un bilan des expériences négatives dans ce domaine. Identifiez en quoi la situation actuelle est différente de celles dont vous vous souvenez. Identifiez ce que vous ferez de différent. Identifiez de ce que vous avez appris depuis cette tentative. Identifiez l'aide supplémentaire que vous avez à ce moment-ci.
Identifiez les informations que vous avez actuellement que vous ignoriez au moment qui vous revient à l'esprit. Puisqu'il est utile de révisez vos attentes à chaque fois que vous avez une nouvelle information fiable, vous avez de bonne raison d'aborder la nouvelle situation avec un nouvel espoir.
Recherchez en quoi cette situation est un "nouveau départ". Recherchez les éléments qui peuvent vous aider à avoir un sentiment d'espoir tout en ayant le minimum de sécurité dont vous avez besoin.
Vous avez peut-être une vieille cassette qui rejoue constamment dans votre tête. Vous pouvez choisir d'écrire une lettre aux principaux personnages de ce film leur décrivant mes sentiments. Rappelez-vous que vous faites cela pour vous. N'envoyez pas cette lettre. Elle vise à vous aider à comprendre et à modifier vos films intérieurs. Vous pourrez toujours choisir plus tard de les contacter pour tenter de les faire changer.
9. Évaluer les risques réels associés au changement ainsi que les avantages anticipés
Qu'est-ce que je risque? Y a-t-il des risques élevés associés à la solution envisagée?
Demandez-vous:
Y a-t-il des risques élevés à changer cette situation?
Identifiez vos fantaisies catastrophiques. Remettez en question leurs pertinences: quelles sont les évidences? Vérifiez vos informations. Explorez les facteurs d'assistance afin de ne pas les oublier.
Rappelez-vous que tout ce qui est connu peut sembler plus attirant et confortable que ce l'inconnu, même si cet inconnu apporte un changement souhaitable.
Identifiez de ce qu'il y a à gagner du changement désiré proportionnellement à ce qu'il peut y avoir comme perte. N'oubliez pas qu'il y a aussi un risque à tolérer l'intolérable.
Le risque de se sentir coupable suite à notre décision est toujours présent. La peur de se tromper peut vous immobiliser. L'évaluation des risques vous permet de nous préparer. Vous pouvez mettre de coté nos fantaisies irréalistes au sujet des risques en jeu.
Pour mettre les risques que vous anticipez en perspective, vous pouvez avoir recours aux questions suivantes (Markus et Nurius, 1986):
- Comment souhaiteriez-vous que cela se passe?
- Comment imaginez-vous que cela va vraiment se passer?
- Comment craignez-vous que cela se produise?
En précisant ce que vous souhaitez, ce que vous considérez probable et ce que vous craignez, vous aurez plus d'emprise sur vos images intérieures et vous pourrez vous faire un film plus réaliste des choix que vous avez devant vous. Rappelez-vous que ce sont des hypothèses. Elles ont toutefois un impact important sur votre motivation.
10. Se situer face aux pressions de l'entourage
L'influence de l'entourage peut favoriser la souffrance ou la croissance. Ils expriment leurs propres souhaits en fonction de leurs propres besoins.
Demandez-vous:
Les gens de mon entourage m'incitent-ils à ne pas bouger?
Recherchez un groupe de support positif. Vous pouvez faire place aux personnes qui ont un effet positif sur vos projets.
Identifiez les saboteurs. Identifiez des raisons personnelles qui pourraient pousser ces saboteurs à agir à votre détriment, peut-être sans s'en rendre compte.
Évaluez jusqu'à quel point votre entourage actuel satisfait vos besoins et vous fournit un modèle positif.
Évaluez jusqu'à quel point vous souhaitez ressembler aux gens de votre entourage, et jusqu'à quel point vous souhaitez avoir des enfants qui leur ressemblent.
11. S'assurer de sa disponibilité et de la priorité du changement désiré
Suis-je disponible? Est-ce qu'il y a un attrait incompatible qui nécessite mon attention pour l'instant? Votre engagement dépend de Votre disponibilité et de la priorité que Vous accordez à la situation actuelle. Vous êtes sollicité par un ensemble de rôles.
Demandez-vous:
Suis-je déjà engagé ailleurs?
Faites un bilan de vos activités. Faites un horaire détaillé d'une semaine.
Évaluez la répartition de votre énergie en terme de pourcentage. Déterminez quel pourcentage de vos énergies est consacrée aux loisirs, aux amis, aux cours, etc.
Identifiez vos priorités en fonction de vos besoins immédiats, à moyens termes et à longs termes. Vos priorités évoluent avec le temps. Il est parfois prioritaire de prendre soin de soi.
C'est parfois au niveau d'un agenda caché que l'énergie est mobilisée. Est-ce que je veux changer ou me faire un ami du psychothérapeute? Est-ce que je veux le forcer à s'occuper de moi? Est-ce que je veux le mettre en échec et lui prouver que personne ne peut m'aider?
12. S'assurer d'acquérir les connaissances et les habiletés préalables
Suis-je prêt? Qu'est-ce que j'ai besoin d'apprendre avant de m'attaquer à cette tâche? Certains changements nécessitent l'acquisition de connaissances et d'habiletés préalables.
Demandez-vous:
Est-ce que j'ai déjà acquis les connaissances et les habiletés préalables?
Identifiez les préalables: ce que vous devez savoir et ce que vous devez pouvoir faire avant d'entreprendre cette démarche.
Identifiez le chemin par lequel vous pouvez passer pour acquérir ces pré-requis. Faites-en la première étape de votre cheminement plutôt que d'y penser comme un empêchement de poursuivre mes efforts.
La recherche d'information entre autres auprès de personnes qui pourront vous servir de modèles s'avère encore une fois précieuse.
Vivre à plein malgré ses limites
Chacun de nous a des limites qui lui sont propres et dont il doit tenir compte. Elles influencent notre vie et méritent notre attention si l'on veut favoriser le plein développement de notre potentiel. Chacun de nous est un projet unique en voie de réalisation. Nous sommes tous différents, et ces différences nous exposent aux préjugés et à la marginalisation. Malgré ces différences, nous sommes aussi tous semblables, dignes d'aimer et d'être aimés, à la recherche du chemin qui nous permettra de vivre pleinement.
Que signifie vivre à plein? Chaque personne a sa définition, en fonction de son plan de vie et des ressources à sa disposition. A plein ne signifie pas sans limites et sans contrainte. Au contraire: il s'agit de faire de notre mieux compte tenu des ressources disponibles et du contexte de notre vie. Cette définition évoluera au cours de notre vie, selon les difficultés et les occasions qui se présentent à nous. Il s'agit aussi d'éviter de rajouter inutilement des limites à celles qui sont déjà dans notre vie.
En effet, certains pièges risquent de vous désavantager et de vous amener vers un état de détresse psychologique. Quels sont ces pièges? 1) Cesser ses efforts de façon prématurée, 2) Se croire impuissant devant une situation sans que cela soit le cas, 3) Exiger que tout se déroule constamment selon ses désirs, 4) Choisir la solitude d'une façon absolue, et 5) Renoncer pour toujours à tous ses intérêts et à tous ses espoirs.
Heureusement, il y a aussi des attitudes positives qui vous seront utiles pour éviter ces pièges, diminuer l'intensité de la détresse et améliorer la qualité de votre vie. Il s'agit globalement 1) d'entretenir une relation amicale avec soi-même, 2) de cultiver son jardin relationnel et 3) d'utiliser sa raison et de percevoir les situations d'une façon nuancée.
Voyons d'abord comment avoir une relation amicale avec soi-même. Nous pouvons trouver notre façon de nous faire du bien, entre autres en nous reposant lorsque nous en avons besoin. Cherchons activement à satisfaire nos besoins et à atteindre nos buts. Nous pouvons également accepter de partir d'où nous sommes, sans nous résigner à y demeurer pour le reste de notre vie. Cela nous demandera de faire le deuil de ce qui est impossible ou de ce qui n'est plus là. Nous pouvons nous faire notre propre idée de ce que nous souhaitons vivre, et assumer nos choix. Soyons notre propre avocat et notre propre juge. La vie peut être difficile, mais elle contient aussi de bonnes choses. Choisissons de croire et d'espérer.
Voyons maintenant comment cultiver notre jardin relationnel. Il s'agit bien sûr de cultiver toutes sortes d'amitiés. Donnons-nous l'occasion d'aimer et d'être aimé et acceptons l'aide d'autrui. Permettons aux gens qui nous entourent de réagir à ce qui nous arrive. Entrons en contact avec des gens qui vivent les mêmes désavantages que nous. Confions-nous à des gens de confiance. Méfions-nous des personnes ou des situations qui empoisonnent notre existence et revendiquons notre place.
Voyons finalement comment utiliser sa raison et percevoir les situations d'une façon nuancée. Cherchons d'abord de l'information de qualité. Recherchons les nuances et l'équilibre de la pensée. Recherchons activement le chemin qui nous permettra de continuer notre vie. Évitons de nous servir de nos limites comme excuses. N'exagérons rien. Recherchons à influencer positivement notre vie et notre entourage plutôt que de vouloir tout contrôler. Mettons de côté les questions inutiles ou sans réponse. Concentrons-nous sur ce que l'on peut faire à partir de maintenant et pour l'avenir.